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dimanche, 31 juillet 2016

Quand la légende est plus belle que la réalité.

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entrer des mots clefsL'image du cow-boy a réussi à traverser tous les modes, depuis le roman à dix sous, les bandes dessinées jusqu'aux jeux vidéo. L'histoire officielle est un récit biaisé (déformé)..., les massacres sont présentés comme des batailles..., les vrais génocides sont occultés et remplacés par des distorsions historiques, des mensonges....Certains événements historiques sont tellement imprégnés de légende qu’il devient à peu près impossible de les en détacher. La conquête de l’Ouest, berceau de l’imaginaire américain, en est un exemple parfait et le western est la représentation cinématographique du mythe de l'Ouest dans l'histoire américaine. Ce sont d'abord des terres pleines de promesses, dont la richesse (argent) exerce un attrait constant sur les colons européens. L'Ouest, c'est aussi une région aux limites imprécises, sans cesse repoussées et modifiées au cours des siècles. Ainsi, moins de trois quarts de siècle après leur indépendance, les États-Unis étendent leur domination d'un océan à l'autre et atteignent leurs limites continentales actuelles. Viendront compléter l'ensemble avec l'Alaska en 1867 et les îles Hawaï en 1898. Le western classique américain, comme tout film de genre, répond à des codes précis (Cow-boys, indiens, veuves, orphelins à protéger, chasseurs de trésors, shérifs et bandits), toute la mythologie américaine va dominer les écrans de cinéma pendant plus de 60 ans. Très vite, le western prendra ses libertés vis-à-vis de la réalité. Le cinéma a largement mythifié des éléments centraux comme le cow-boy. Au départ simple vacher, ce personnage fut transformé en héros vertueux aux qualités irréprochables. Le western a aussi construit une légende autour de figures emblématiques (Billy the Kid, Jesse James, William Frederick Cody (Bufallo Bill), Davy Crockett, général Custer, etc.). Les décors représentent des paysages et des villes clés de l’histoire américaine (Monument Valley, la ville de Tombstone, Fort Alamo, O.K. Corral). Les studios cherchent à travers ce genre à raconter l’histoire de leur pays, des valeurs morales poussées à leur paroxysme (sauf dans la chasse aux Indiens). Tous les grands noms du cinéma ont bien entendu participé à ce genre ultime (Gary Cooper, James Stewart, Kirk Douglas, Clint Eastwood, Marlon Brando, Kevin Costner, Yul Brynner, Burt Lancaster, Eli Wallach, Henry Fonda, Clint Eastwood, Steve Mc Quenn, Robert Mitchum, Audie Murphy, Charles Bronson, Gary Cooper, Gleen Ford, Alan Ladd, Dean Martin, Lee Marvin, Jack Palance, Gregory Peck, Anthony Quinn, Richard Widmark, John Wayne). Le western est né, au début du xxe siècle, dans un climat idéologique qui prônait ouvertement la suprématie blanche. Les auteurs des premiers romans épiques sur l'Ouest étaient aussi des apôtres du Ku Klux Klan et, dans leur vision glorieuse de l'Ouest, il n'y avait ni Noirs, ni étrangers. Les Mexicains étaient tous fourbes et les Indiens, sauvages. Les héros ne pouvaient être que des anglo-saxons, des visages pâles. Les spectacles de Buffalo Bill, très populaires en Europe comme aux Etats-Unis, faisaient ouvertement l'éloge de "l'extermination de la racaille indienne".

Broncho Billy Anderson, broncho_billy_anderson.jpggrande vedette des films western du cinéma muet, ne savait ni monter à cheval ni se servir d'une arme à feu. C'est Buffalo Bill qui inventa en 1882, le célèbre costume à frange du cow-boy pour ses spectacles dans les villes américaines. Des chanteurs country ont réussi de brillantes carrières malgré leur phobie maladive des chevaux. John Stetson, originaire du New Jersey, lança son célèbre chapeau à Philadelphie. Sam Colt était armurier dans le Connecticut. Les meilleurs lassos étaient fabriqués à Plymouth (Massachussetts).

Lynne_Roberts-Roy_Rogers.jpgLeonard Slye (1911 - 1998) Chanteur et acteur, il a joué dans une centaine de films entre 1935 et 1950, dans presque exclusivement des westerns B. Loin de l'Ouest américain, il voulait devenir dentiste mais dut plutôt se trouver un emploi dans une manufacture de chaussures. Il avait cependant un certain talent pour la chanson et c'est en chantant qu'il se transforma en Roy Rogers, le cow-boy impeccablement vêtu montant son magnifique cheval "Trigger" et accompagné de la douce Dale Evans. Trigger, dont le nom signifie "gâchette" en français, était un cheval palomino dressé pour le cinéma. Ce cheval fut acheté par celui que l'on surnommait le roi des cow-boys (Roy Rogers). Ce cheval devint rapidement aussi populaire que son cavalier et sur le générique des films, son nom apparaît à égale importance avec celui de Roy Rogers. Il fut la vedette de 91 films dont deux lui sont entièrement consacrés "Mon pote Trigger" en 1946 et "L'Étalon d'or" en 1949. Trigger est mort à l'âge de 33 ans. Il est empaillé et placé au "Roy Rogers Western Museum" à Apple Valley en Californie.

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L'arrivée des Européens au XVe siècle a bouleversé la vie des peuples d'Amérique. En effet, après une brève période de contacts relativement pacifiques, les relations entre Amérindiens et Européens se détériorent rapidement lorsque les Indiens, comprenant que les hommes blancs veulent se réserver les meilleures terres; la spoliation se réalise tout d'abord sous forme de "traités" signés entre le gouvernement des États-Unis et les tribus, considérées comme des "nations", qui déclarent renoncer à leurs terres. Dans les années 1830, la pression des colons est si forte que le gouvernement fédéral, espérant trouver une solution définitive à ce problème, prend la décision de déporter toutes les tribus à l'ouest du Mississippi, et de les regrouper dans une région aride de l'Oklahoma. Mais, avec l'annexion des territoires mexicains et l'installation de nombreux agriculteurs dans les grandes plaines et jusqu'aux Rocheuses, il est clair que d'autres tribus vont encore se trouver sur le chemin des colons. De 1865 à 1890, une longue série de "guerres indiennes" aboutit malheureusement à la quasi-extermination des tribus des plaines (Sioux, Apaches, Nez Percés et bien d'autres encore…). Ce génocide est dû aux épidémies volontaires, aux guerres, au travail forcé, aux déplacements de tribus entières (déculturées ou exterminées). La population indienne en Amérique latine est passée, selon les estimations, de 30 à 80 millions d'habitants lors de la «découverte» de l'Amérique à 4,5 millions un siècle et demi plus tard. Toute la pensée politique des Etats-Unis, était à l'époque marquée par le stéréotype de l'infériorité de la race indienne qu'il fallait détruire. Cinquante ans plus tard, les convictions politiques associées au western restaient proches de la droite, John Wayne appuyait sans réserve la guerre des Etats-Unis contre le Viêt-Nam et Ronald Reegan était un comédien qui n'a jamais vraiment cherché à s'évader de ses rôles de cow-boy. Loin d'être absent des scénarios américains, l'Indien y est même très présent, mais on lui fabriquera un rôle sur mesure. A cause de la popularité universelle des histoires du far-west américain, l'Indien de l'Amérique finira par émerger clairement. Quelques images inoubliables, quelques mots référant à des peuples qui existent vraiment, des personnages choisis portant des noms particulièrement indiens et l'affaire est dans le sac. Il n'est pas exagéré de dire que les Sioux gagneront le gros lot à ce jeu de l'Indien imaginé. Les Apaches, les Comanches et les Cheyennes, peut-être les Pieds-Noirs, les accompagneront cependant au front de la célébrité western. Ces noms sont magiques pour qui rêve de l'ouest ancien. C'est ainsi que l'Indien devra se conformer aux canons de "l'indianité" inventée. amérindiens.jpgL'Indien de la légende vit donc dans les plaines, sa maison est un tipi fait de peaux de bisons sur lesquelles des motifs sont dessinés, qui rappellent leurs clans, leurs guerres, leurs dieux. Ils chassent le bison mais ils sont avant tout des guerriers nomades. Ils montent des chevaux sauvages et ils n'ont pas peur de mourir. Indisciplinés, ils consomment volontiers de l'alcool, ils se droguent et se disputent souvent entre eux. Ils fument le calumet de la paix ou  ils enterrent et déterrent la hache de guerre. Ils s'en vont, à la file indienne, sur le sentier de la guerre et ils aiment scalper leurs adversaires. Que dire des couvre-chefs en plumes d'aigles qui fascineront le monde entier au point d'en faire le symbole de toute 'l'indianité d'Amérique'?. Toutes les femmes sont des "squaws" (femme - Isquew), tous les bébés sont des "papooses", et il y a immanquablement des sorciers, des poteaux de torture, des mâts totémiques, des danses de la pluie. Ils parlent un anglais simple, poétique, imagé et sans formes verbales compliquées; à la limite ils parlent le langage des signes, ils se font même des signaux de fumée. Les chefs ont des noms assez particuliers mais conformes à l'idée préfabriquée de l'Indien d'Amérique. Comme s'il fallait que les Indiens se nomment "Nuage Bleu", "Aigle Noir" ou "Perle de Rosée". Les personnages historiques passeront bel et bien à l'histoire sous des noms empruntés, des noms que les Américains leur prêtaient dans la langue anglaise ("Red Cloud, Grazy Horse").

music-cities-nashville-music-venue.jpgLa musique country est née dans le Tennessee, très loin de l'Ouest américain. Et ce qu'on connaît de la véritable musique des cow-boys du dix neuvième siècle porte à croire qu'elle n'a aucunement influencé ce qu'on appelle aujourd'hui la musique country, qui représente, tout comme les personnages du cinéma western, un amalgame plus ou moins ordonné de multiples traditions musicales. D'ailleurs, même les meilleurs experts semblent ne plus savoir s'y retrouver. Ils se donnent beaucoup de mal à essayer de saisir les distinctions désormais trop subtiles entre les genres; car la musique country moderne subit l'influence directe du folk, du blues, du hillbilly, du grassroot et du rock'n'roll, sans parler du folklore irlandais, de la guitare hawaïenne et du yodle tyrolien. Sous l'étiquette country, on classera des artistes aussi divers que Chet Atkins, Elvis Presley, Johnny Cash, Willie Nelson, Emmylou Harris, Carl Perkins et même Bob Dylan. Contrairement aux autres vedettes de la chansons qui se croient bénies par ce talent exceptionnel qui les marques et les distingue de leurs admirateurs, les artistes du country sont rarement prétentieux. Au contraire, ils insistent pour souligner combien ils sont demeurés modestes. Leur musique est du genre qui n'a jamais été prévu dans les conservatoires ou les facultés de musique. On est loin  du concerto italien de Jean Sébastien Bach ou de la complexité des oeuvres de Herbie Hancock. Le country est une musique tellement facile qu'en écoutant les trois accords rudimentaires d'une chanson typique, chacun a l'impression de pouvoir en faire autant. Les refrains sont d'une simplicité mémorable. Les textes doivent être clairs et immédiatement intelligibles. La poésie paraît primaire, mais c'est le génie du country que de trouver les mots pour dire les choses de la vie avec justesse et précision, de dénicher la forme économe et les paroles exactes qui résument parfaitement une situation. En d'autres mots, avoir l'air lucide et sincère, être adepte du terre-à-terre et ainsi paraître parfaitement vrai. L'amateur a le sentiment que c'est exactement ce qu'il souhaitait exprimer lui-même. La musique country n'est jamais admise dans les grandes salles de concert, elle ne joue pas à la radio nationale, ne reçoit pas de subventions et ses interprètes ne fréquentent ni les cabarets à la mode ni les boîtes à chanson. Mais elle vend beaucoup. Et dans les bars où ils se donnent en spectacle, les artistes du country discutent et boivent avec les spectateurs, certains se tiennent prés de la porte pour les accueillir, leur serrer la main et s'informer de la bonne fortune du monde ordinaire. Une vedette peut connaître le succès tout en demeurant modeste et en n'oubliant jamais que le commun des mortels apprécie les lieux communs. A ceux qui se demandent encore pourquoi la musique et la chanson country restent de loin les productions les plus écoutées, les plus achetées, les plus vendues. "Peut-être que le monde se reconnaît dans cette culture".





 

 

Écrit par Country francismarie dans Amérindiens, L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (1) |