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mardi, 26 avril 2016

«La meilleure façon d’aider les pauvres c’est de ne pas en être un»

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le veau d'or.jpg

Le troc existe depuis que l'homme est apparu sur la Terre.jpgLe troc existe depuis que l'homme est apparu sur la Terre. Autrefois, les échanges de marchandises entre les individus se réalisaient grâce au troc. C'est-à-dire que l’on échangeait un bien contre un autre bien que l’on jugeait de valeur à peu près égale au bien échangé. S'il a longtemps été le seul moyen d'échanges entre les gens et entre les peuples, le troc s'est progressivement affiné en prenant objets, comme les récoltes, les outils, les denrées et même des esclaves ou des animaux comme pièces d'échanges. Dans l'Antiquité, le troc fut surtout de la nourriture conservable (riz, thé, céréales) ou des moyens de travail (bétail, outils). Aux premiers temps du monde antique grec ou romain, on échangeait des boeufs à la fois comme nourriture et comme force de travail. C'est ainsi qu'à Rome, les premiers lingots de bronze (aes rude) furent coulés dans un moule où figuraient la forme d'un boeuf ou d'un cochon. Les premières pièces de monnaies furent inventées par les Lydiens (pays d'Asie Mineure, situé sur la mer Égée) au VIème siècle avant JC, et étaient faites d’électrum (alliage d’or et d’argent). Cette puissance économique de l'époque semble être à l'origine de la monnaie. Crésus n’est pas un personnage mythologique, il a vraiment existé. On lui doit deux célèbres expressions modernes, "riche comme Crésus" (désignant son immense richesse) et "toucher le pactole" (fleuve riche en or d’où les souverains de Lydie puisaient leur richesse). Les origines aurifères du fleuve viendrait d'une histoire qui raconte l'aventure arrivée au vieil ivrogne Silène. Celui-ci, suivant une procession en l'honneur du dieu de la fête et de l'ivresse Dionysos, se perdit près du palais royal. Midas et ses gardes le retrouvèrent assoupi et le roi lui offrit de rester quelques jours au palais avant de le rendre à Dionysos. Le dieu récompensa le roi en lui accordant un souhait. Midas demanda que tout ce qu'il toucherait à l'avenir se transforme en or. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable se change en or. Cette légende explique le caractère aurifère du Pactole, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire. Au début de l’utilisation des pièces, leur valeur correspondait au type de métal utilisé mais aussi à leur poids, et le nom de chaque pièce était emprunté à l’unité de mesure qu’elle représentait. Ainsi, la Drachme grecque correspondait à environ 6,25 grammes de métal (or, cuivre, argent). Dès la fin de la conquête romaine ( Alesia, 52 avant J.-C. http://www.sacra-moneta.com/Numismatique-romaine/Les-monn...), les différents empereurs imposeront leur monnaie, symbole de leur puissance, en Gaule comme dans tout l'Empire romain. Les Aureus (monnaie en or), deniers d'argent et sesterces seront les monnaies de référence dans toute l'Europe, et le resteront bien après la chute de l'Empire romain. En 781, Charlemagne décide d'unifier le système monétaire, afin de permettre la facilitation et le développement des échanges commerciaux en Europe. Les monnaies sont remplacées par un nouveau Denier en argent et un système monétaire qui durera jusqu'à la révolution (1 livre vaut 20 sous et 240 deniers). Au Moyen-âge, très peu de pièces d’or sont émises, les seules pièces sont souvent d’origine royales. Sous la Renaissance, les pièces deviennent de plus en plus travaillées et soignées avec l’arrivée de grandes quantités d’or et d’argent des Amériques qui permet de fabriquer des pièces plus nettes, rondes et aux contours précis. Les qualités de ce métal brillant, ductile, malléable et inaltérable jointes à sa rareté lui ont rapidement donné une importante valeur d'échange. Le XIXème et le XXème siècle sont placés sous le signe de l'Etalon-Or (c'est l'or qui sert de valeur de référence dans les échanges internationaux).MTThaler2.png En 1750, la première monnaie internationale des temps modernes a été frappée en Autriche (le mot taler est employé en Allemagne jusqu'à la fin des années 1920). L'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg fait frapper un thaler en or à son effigie. Le Maria Theresien Thaler (MTT) circule en Europe pendant près de quatre cents ans et va très vite devenir une monnaie internationale très prisée dans les colonies espagnoles et anglaises d'Amérique, et jusqu'en Afrique orientale. Le mot dollar est lui-même une déformation du mot "thaler", cette monnaie ayant été la première utilisée par les planteurs d'Amérique du Nord. La monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’État (pour battre monnaie, l’État doit avoir de l’or et de l’argent). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’État. Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation). En 1971, les États-Unis, ne pouvant plus maintenir le prix de l'or, ni éviter une dévaluation du dollar, abandonnent l'étalon-or, ce qui a obligé aussi les marchés des matières premières qu’elle contrôle à ne vendre leurs produits qu’en dollars. S'ouvre alors l'ère de la monnaie purement fiduciaire (monnaie virtuelle), c'est-à-dire basée exclusivement sur l'essor du papier monnaie, autrement dit "des billets de banque qui n'a aucune valeur en soi", n'étant que du papier. Aujourd’hui une banque centrale d'un pays peut émettre des billets sans en avoir la contrepartie en or (la mauvaise monnaie chasse la bonne). La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes (soyons certain que l’or finira par rebondir). Derrière chaque mal de notre société il y a l’argent (commerce de la drogue, exploitation de la prostitution, esclavagiste, différentes mafias, corruption politique, commerce des armes, vente d’organes humains). Il y a aussi, ceux qui croient que l’argent est le remède à tous les maux, que l’argent a le pouvoir de tout acheter incluant les sentiments tels que l’amour, ou le bonheur. Il est vrai que l’argent achète bien des choses. Ce n'est pas le «mal» qui est devenu plus fort, c'est l'homme qui est devenu plus «faible» en s'alimentant de moins en moins intellectuellement et spirituellement. "Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon" lit-on dans l'évangile selon Matthieu. L'usurier qui prête de l'argent à intérêt est condamné à l'enfer. Car l'usurier obtient de l'argent contre rien, il fait de l'argent en dormant. Plus grave, il fait payer le prix du temps, il vend donc un bien divin. Enfin, les juifs à qui l'on interdisait les activités productrices se spécialisèrent dans le prêt à intérêt, ce qui n'était pas contre leur religion s'ils ne prêtaient pas à leurs frères. Pour la morale chrétienne du moyen-âge, il fallait donc choisir entre la bourse et la vie éternelle. "L’auri sacra fames".... (la passion du gain), qui est aussi vieille que l’histoire de l’homme. A toutes les époques de l’histoire, cette fièvre d’acquisition sans merci, sans rapport avec aucune norme morale, le manque absolu de scrupules, l’égoïsme intéressé, la cupidité et l’âpreté au gain s’est donné libre cours chaque fois qu’elle l’a pu. La trahison de Judas Iscariote est l’un des drames les plus sombres de la liberté humaine, selon les Evangiles, Judas trahit pour de l’argent (Trente pièces d’argent). Et cela ne doit pas nous surprendre, car l’argent c’est l’idole par excellence, la racine de tous les maux. On trahit pour obtenir quelque pouvoir ou quelque bénéfice temporel "Tout est possible pour celui qui croit", disent les Ecritures (Mc 9, 23). Or le monde d'aujourd'hui dit, "Tout est possible pour celui qui a de l’argent", tous les faits semblent lui donner raison (on ne peut pas la dénigrer, car elle est nécessaire à la survie). On ne rencontre que des personnes qui parlent d'argent, leur seule motivation, leur seule valeur est totalement tournée vers le "Veau d'or", c'est le seul prisme de leur existence qui finira entre 4 planches. Aujourd’hui, le veau d’or désigne souvent l’argent comme idole (idolâtrie dont le centre de celle-ci est l’argent). L’excès des sociétés modernes à placer leurs confiance dans le consumérisme et les biens matériels peut être rapproché de l’épisode du Veau d’or. La même histoire se répète, les gens se font d'autres dieux (comme il les imagine). Nous sommes parvenus à la génération post-moderne, où la pensée de l'homme doit d'être à la pointe de la technologie. Ce Veau d'or des temps modernes que les Aaron (média, télévision, radio, internet) de ce monde nous présentent comme le nouveau Dieu (société matérialiste) qui pourra mener les hommes vers le bonheur éternel, selon lequel en consommant plus, je serai plus heureux. Ce processus de laïcisation de certaines marchandises deviennent de véritables objets de culte (les marques des vêtements, les marques automobiles, les marques de parfums, etc.). L'homme moderne subit l'influence de toute une mythologie qui lui propose nombre de modèles à imiter (chanteurs, acteurs, joueurs, top models, etc.). Il convient d’affirmer que la richesse n’est pas quelque chose de mauvais en soi. Plusieurs personnages célèbres de la Bible sont riches sans que cela leur soit reproché (Job, Abraham, Salomon). Ce qui pose problème ce n’est pas d’avoir des richesses, c’est l’usage qu’on en fait ou l’attitude qu’on adopte face à elles. Ce qui importe pour l’Evangile, ce n’est pas la quantité des richesses que nous possédons ("combien avons-nous" ? ) mais la relation que nous entretenons avec elles ("comment gérons-nous" ?). L’argent met ainsi en lumière cette prétention du cœur humain à prendre toute la place jusqu’à celle de Dieu si c’était possible. Voici une "allégorie" (métaphore) de la caverne de Platon, qui est une situation imaginaire racontée au cours d’un dialogue ("La République") également imaginaire, entre deux personnages.

Mythe-de-la-caverne-Platon.jpgSocrate imagine des êtres enchaînés dans une caverne de manière à ne pouvoir voir que le fond de celle-ci. Ils ont toujours vécu ainsi et n’ont jamais perçu de ce qui se passe plus haut, près de l’entrée, que des ombres projetées et des bruits renvoyé par le mur situé au fond. Et pour eux la "réalité", ou plus exactement leur conscience de la réalité, se réduit à ces ombres bougeant sur le mur et des bruits qui les accompagnent. Le personnage de Socrate imagine ensuite que l’un des prisonniers est arraché à sa captivité pour être amené à la surface. Celui-ci commence par se sentir «agressé» par ce nouveau milieu dont il ne peut immédiatement percevoir les éléments du fait d‘une trop forte clarté. Il s’y accoutume ensuite, et prend conscience du soleil des saisons et des choses. Et s’étant habitué à cette nouvelle perception «plus juste», il comprend mieux ce qu’il voyait en captivité. Il n’envie plus son univers souterrain et le système de distinction de ses anciens compagnons, honorant le plus habile ou le plus vif à saisir ou à prévoir le passage des ombres. Il préférera un petit rôle dans ce nouveau milieu, plutôt que de retourner "à ses anciennes illusions". Et s’il y revenait, d’abord déshabitué de l’obscurité, ses compagnons penseraient que sa vue s’est dégradé, et qu’il ne faut surtout pas sortir…

En conclusion, les médias modernes développent en manipulations, en mensonges l’art de rapporter ce qui se fait, se vit, se raconte, ce qui est manipulé ce sont les mots, lesimages, les signes et les symboles (la réalité est malheureusement hors de cause). Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une «liberté» qu’elle se garde bien de définir avec précision. Ce qui est triste, c'est qu'on se borne souvent à adopter des croyances toutes faites par ces médias (TV, radio, Web, journaux), qui se contentent des informations sans présenter la moindre analyse sur la réalité de la situation… parce qu'on accepte ni l'inconfort du doute, ni les exigences requises pour accéder à la connaissance . Au lieu de cela, on a d'un côté des moutons qui se réfugient dans l'ombre de leurs bergers, et de l'autre une armée de brebis égarées qui suivent naïvement le premier berger qui passe par là (le chien de Pavlov ou les moutons de Panurge).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Écrit par Country francismarie dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |