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vendredi, 20 novembre 2015

Le temps au temps.

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L'émission météo est la plus regardée à la télévision, le temps qu'il fait est le sujet le plus courant. Cette obsession est très ancienne, elle se manifeste bien sûr à travers les dictons et les proverbes, si nombreux dans la société rurale traditionnelle, qui semblent avoir eu pour but d'exorciser l'angoisse liée à la météo (celle-ci est incertaine). Aujourd'hui encore, dans nos pays, les spécialistes se révèlent incapables de faire des prévisions sérieuses qui dépassent les cinq jours. Le dicton est, malgré tout, une manière de prévoir le temps. Cette crainte est aussi alimentée par l'idée que s'il fait beau trop longtemps "On va le payer cher".

l'été des indiens.jpg

Chaque année, la presse parle de "l'été indien", pourtant l'été indien n'existe pas en Europe où du moins sous cette appellation. Rappelons que "l'été des Indiens" est une période de beau temps qui survient après le premier gel d'automne, en octobre et en novembre. Les températures doivent être nettement au-dessus des normales pendant au moins trois jours. Dans la vie de tous les jours, c’est davantage un état d’esprit. Souvent, en octobre, les gens ont sorti leur manteau durant quelques jours et une vague de chaleur ramène les terrasses à la mode. C’est surtout cette réalité qui donne l’impression aux gens de vivre un "été des Indiens". On devrait plutôt parler de "l'été de la Saint-Martin", un été "automnal" que l'on observe chez nous en cette période. Ce Saint est encore reconnu en Flandre, voici son histoire. Depuis la première guerre mondiale, Saint Martin se fête le 10 novembre et est associé à la venue du froid de l'hiver (et pas le 11 novembre). Ce jour-là, en Flandres belge et française, les enfants reçoivent des jouets et des friandises. Ils chantent de porte en porte en portant des lanternes creusées dans des betteraves. Selon la légende, Saint Martin, venu évangéliser ce coin du monde, aurait perdu son âne dans les dunes… Les enfants du pays se sont mis à sa recherche et ont retrouvé l'âne broutant la maigre végétation qui pousse dans le sable. Tout heureux d'avoir retrouvé son compagnon qui était aussi son moyen de locomotion, Saint Martin a transformé les crottes de l'âne en brioches qu'il a distribuées aux enfants. Saint Martin est resté populaire aussi dans d'autres régions comme en Allemagne où on parle de "l’Altweibersommer" ("l'été des vieilles femmes" ou "l'été de l'aïeule"), comme en Suède ("l’été de la Toussaint"), comme en Italie ("l’estate di San Martino" ou "l'été de la Saint Martin"), comme en Angleterre ("St. Luke's summer" ou "l’été de la Saint-Luc"), comme en Espagne ("veranillo de San Miguel" ou "l'été indien de Saint-Michel").

 

4 saisons.pngPlus récemment, c'est la chanson interprétée par Joe Dassin (1975), restée célèbre depuis, et qui popularise cette notion, même si elle ne caractérise pas exactement un phénomène de même intensité dans nos contrées. "Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce matin-là. Nous marchions sur une plage un peu comme celle-ci. C'était l'automne, un automne où il faisait beau. Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique. La bas on l'appelle "l'été indien". Puisque l'été des Indiens n'est pas réellement scientifique, mais plutôt populaire, on considère que l'on vit un été des Indiens lorsque l'appellation "des Indiens" (Indian Summer) vient du fait que les Amérindiens profitaient de ce temps doux et sans précipitations pour préparer leurs habitations en vue de la saison froide. Ces Indiens, avant de réintégrer leurs quartiers d'hiver, profitaient de ces derniers beaux jours pour terminer leurs récoltes et garnir leur wigwam de provisions. La température étant clémente, les journées étaient propices à la conservation du gibier accumulé. Comme ils vivaient au jour le jour, ils attendaient à la dernière minute pour aller à la chasse. Si, malheureusement, la période attendue de temps doux n'avait pas lieu, ils en étaient quittes pour un hiver de "vaches maigres".
semailles.jpgNos ancêtres avaient développé de génération en génération une connaissance empirique du climat et de la température. Ils n'avaient pas de radio pour les renseigner; ils apprenaient donc à connaître la nature pour éviter les foudres des éléments et pour déterminer les périodes de semailles et de récoltes. Les dictons constituaient un véritable code de conduite. L'introduction des saints et du calendrier s'explique par l'habitude de marquer les événements d'après les fêtes religieuses et d'y associer le temps. Si l'hiver va son chemin, il commence à la Saint-Martin (11 novembre). Quand l'hiver n'est pas pressé, il arrive à la Saint-André (30 novembre). Lorsque Saint-Eloi a bien froid, trois mois dure le grand froid (1décembre). Il y avait ainsi des dizaines de dictons pour prédire le temps qu’il ferait. "Tant que les feuilles d’un pommier ne sont pas toutes tombées, c’est signe que l’hiver n’est pas arrivé" - "Si les pelures d’oignons sont minces, il y aura peu de neige pendant l’hiver" - "Lorsqu’il tonne et qu’il y a des éclairs l’automne, c’est signe que la saison sera douce" - "S'il y a des noix, l'hiver sera froid".
"L´hirondelle ne fait pas le printemps". Les hirondelles, après avoir migré en Afrique durant l´hiver, reviennent en général vers mars-avril dans nos contrées mais en voir une ne signifie pas pour autant que le printemps est déjà là. Cette expression existe dans de nombreux pays mais au lieu de parler du printemps, beaucoup s´en réfèrent à l´été.
"En avril ne te découvre pas d´un fil". C´est le printemps certes mais il ne fait pas encore chaud pour autant. À se découvrir trop rapidement, on peut encore facilement attraper un rhume…

la marmotte.jpgLa tradition du jour de la marmotte s'inspire de la Chandeleur, une fête religieuse chrétienne qui commémore la présentation de l’enfant Jésus au Temple de Jérusalem, également célébrée le 2 février. Selon la coutume, une Chandeleur ensoleillée annonce encore six semaines d’hiver, et une journée grise signifie un printemps hâtif. Mais l'idée de se fier au comportement d'un animal pour prédire l'arrivée du printemps se rapporte également à d’anciennes croyances populaires européennes. Les agriculteurs observaient la fin de l'hibernation d'un animal, dits "dormeur" que ce soit l’ours, le blaireau, ou le hérisson, selon les régions, afin de déterminer le meilleur moment pour ensemencer leurs champs. Ces croyances ont été importées en Amérique du Nord par les colons germaniques, qui se sont principalement installés en Pennsylvanie. Ne trouvant pas de blaireaux en Amérique, ils ont attribué des pouvoirs divinatoires à un animal plus commun sur le nouveau continent, la marmotte. Si, en sortant de son terrier, on ne voit pas l'ombre de la marmotte parce que le temps est nuageux, c'est bon signe... l'hiver finira bientôt. Si, au contraire, il fait grand soleil, la marmotte voit son ombre, elle sera effrayée et retournera vite, vite se planquer au fond de son trou... L'hiver continuera encore 6 semaines, la justesse de ce dicton n'est que de 30%. On a toujours prétendu que le temps n'était plus ce qu'il avait été. L'une des explications que l'on peut avancer est que chacun se réfère à des souvenirs d'enfance, à un paradis perdu durant lequel l'été était un été vraiment chaud et ensoleillé, l'hiver un hiver vraiment froid avec de la neige. Bref, tout cela pour vous dire que l’expression "Il n’y a plus de saison" a toujours existé, il ne fait nul doute que nous connaîtrons à nouveau, un jour ou l’autre, des vagues de froid hivernales exceptionnelles malgré l'effet de serre, le trou dans la couche d'ozone, le réchauffement de la planète. Jadis, on a mis en cause les comètes, naguère le déboisement au XIXe siècle, la TSF au début du XXe siècle, ensuite la bombe atomique et la menace que représentaient ces explosions.

un monde de fous.jpg

Nous avons tous utilisé ou entendu l'expression "On vit dans un monde de fous", à juste titre d’ailleurs, car nous sommes fréquemment de ceux qui n’ont jamais le temps et pour qui, hélas, l’existence est devenue une course incessante et infernale ! Et que dire de la désagréable impression que notre vie nous échappe et que nous ne sommes plus maîtres de notre destin (pas étonnant que le stress soit une des plaies du monde moderne). C’est un phénomène paradoxal, nous avons plein d’outils qui nous font gagner du temps (ordinateur, électros, voiture, portable, etc.), nous avons potentiellement plus de temps libre que nous n’en avons jamais eu. En même temps, nous avons un sentiment très fort de manque de temps. Plus on vieillit, plus les jours, les mois, les années paraissent s'accélérer (une année d’enfant est très longue, une année d’adulte passe très vite). Autrefois, dans les villages, il y avait un rythme collectif, aujourd’hui, chacun peut individualiser son rapport au temps, alors il faut faire l’effort de se retirer de la société qui est entrée dans nos pièces par tous les écrans. Cela demande un certain effort, car nous aimons être divertis et distraits…

Écrit par Country francismarie dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

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