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lundi, 31 août 2015

Les Afros-Américain dans la musique.

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Le blues est enraciné profondément dans l’histoire américaine, particulièrement des racines qui remontent à l’histoire afro-américaine. Le terme blues vient de l'abréviation de l'expression anglaise "blue devils" (diables bleus), qui signifie "idées noires". Ses inventeurs étaient des esclaves, anciens esclaves et les descendants d’esclaves (métayers afro-américains qui chantaient en trimant dans les champs de coton et de légumes). Le blues a évolué d’une forme spirituelle, des chants africains (purement de travail), des hurlement sur le terrain, vers le fifre et le tambour de musique rurale. Qui dit blues, dit forcement chagrin, trahison, regret (vous avez perdu votre emploi, votre compagnon vous a laissé tomber, votre chien meurt. Vous avez le blues). Bien que le blues traite souvent d’un combat personnel, la musique elle-même vous emmène bien au-delà du simple apitoiement de soi. Le blues est aussi la force de surmonter la malchance, exprimez ce que vous ressentez, vous débarrasser de la frustration, et de s’amuser tout simplement. La musique blues est aussi viscérale, émotionnelle, qu’aucune forme de musique ne permet de communiquer l’émotion d’une manière aussi authentique. Aucune personne n’ a inventé le blues, quoique certains artistes veulent se l’attribuer. Au milieu des années 1800, le Grand Sud a accueilli des centaines d’artistes de blues qui ont contribué à façonner la musique. Malheureusement, beaucoup de cette musique originale a suivi ces métayers à leurs tombes. Mais l’héritage de ces premiers pionniers du blues peut encore être entendu dans les années 1920 et 1930. Cette musique n’est pas très loin des hurlement sur le terrain et les chants de travail des esclaves. Beaucoup de ses premiers musiciens de blues ont incorporé le blues dans un répertoire plus large qui comprenait des chansons folkloriques, de la musique de vaudeville, et des airs de troubadour.

esclavagistes.jpgEn 1619, les premiers Noirs foulent le sol américain, débarqués d’un navire hollandais, pour travailler dans les plantations de Virginie aux côtés de serviteurs blancs venus d’Europe. Pendant plusieurs décennies, et alors qu’ils commencent à affluer vers toutes les colonies américaines, leur statut n’est pas déterminé. Mais dès 1640, dans les constitutions du Maryland et de la Caroline, l’esclavage est attesté. Progressivement, des esclaves d’Afrique sont installés dans les colonies centrales et du nord, certains venant aussi des Antilles, du Brésil. En 1700, l’esclavage est devenu une réalité pour les colonies du Sud qui possèdent des "codes noirs", privant les Noirs de leurs droits, et en faisant des esclaves à vie et héréditairement. Pendant le XVIIIème siècle, les arrivées d’esclaves sont massives, le besoin de main d’œuvre étant grandissant dans les champs de coton du Sud, fournisseurs des industries européennes (https://www.youtube.com/watch?v=XcSxRoCqbmk)


jim-crow.jpgSi les Afro-Américains connaissent très bien la signification de "Blackface" puisqu’elle est liée à leur Histoire (le Blackface remonte à plusieurs siècles).A l’origine, le Blackface était une forme théâtrale très populaire au XIXème siècle et qui avait pour but de stigmatiser et tourner au ridicule les personnes Noires afin d’amuser les Blancs. Il était surtout pratiqué dans des Minstrel Show, des spectacles mêlant chants, danse, musique et scènes comiques. Le Blackface fût ensuite transposé aux vaudevilles (spectacles de music-hall), où des acteurs Blancs se couvraient de maquillage pour imiter des Noirs. Parfois des personnes de couleurs étaient exhibés, mais le plus souvent les comédiens pratiquant le Blackface étaient Blancs et se déguisaient en Noirs pour les tourner en ridicule. On retrouve trace de cette pratique en Europe dès le XVIe siècle, avec l’Othello de Shakespeare qui était systématiquement interprété par un comédien blanc maquillé en noir. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que le blackface devient un genre à part entière dans des spectacles américains appelés minstrel shows où des acteurs blanc grimés dansent et chantent en se moquant des Noirs. Premier d’une longue série, Thomas Rice, un émigrant anglais, se produit dès 1828, dans le sud des Etats-Unis en interprétant la tristement célèbre chanson Jump Jim Crow , le visage et les mains noircis. Ce personnage de Jim Crow servira par la suite à nommer les lois ségrégationnistes en vigueur dans les Etats du sud du pays.


guerre-de-secession.jpgEn novembre 1860, Abraham Lincoln est élu président. Les Etats du Sud quittent l’Union, et la guerre civile éclate le 12 avril 1861 (guerre de Sécession) . Si Lincoln est personnellement opposé à l’esclavage, il ne souhaite pas véritablement l’abolir. A la veille de la guerre dont l’issue conduira à l’abolition de l’esclavage (1865), environ 4,5 millions de Noirs vivent aux Etats-unis (la quasi-totalité de la population noire vit en zone rurale). L’espoir noir commence à naître dans les Eglises noires. L’Eglise est la seule institution leur appartenant totalement (les lieux de culte sont ségrégués) et où les individus peuvent s’exprimer librement. En raison du manque de moyens et de formation, les hommes d’Eglise noirs sont plus des prêcheurs que des pasteurs (toute la vie sociale est organisée autour et par l’Eglise), qui s’affirment comme leurs leaders, élabore une véritable société africaine-américaine, croyances, morale, culture. Et, bien sûr, la création d’une musique religieuse qui s’appuyant sur la Bible et les enseignements des Méthodistes, devient "Negro Spirituals" avant d’être "Gospel" (parole de Dieu ou l’Evangile). A partir de 1880, des prédicateurs itinérants, souvent des handicapés inaptes aux durs travaux des champs, chantent l’Evangile en s’accompagnant d’un instrument en échange du gîte et du couvert. Le blues puise une partie importante de ses origines dans ces courants musicaux religieux et sera presque toujours un texte avec une morale finale, une sorte de “sermon profane”. Des talent scouts passent alors le Sud au peigne fin, s’adressant aux bazars-stations services qui diffusent aussi des programmes radiophoniques à destination du monde rural. On enregistre ainsi en masse un peu tous les musiciens rencontrés qui chantent et jouent le blues. Ces disques sortent dans des séries spéciales destinées au public africain américain baptisées par euphémisme “Race Records” (disques phonographiques). Grâce à ces disques, on a une idée de ce qu’ont été ces premiers blues, leurs terroirs, leurs styles fort différents les uns des autres, leurs interprètes. En effet, cette forme de chanson noire a essaimé un peu partout dans le Sud des Etats Unis en prenant ici et là des caractéristiques régionales très particulières. Le travail y est rythmé par les "work-songs" (chant de  travail) et "field-hollers" chants a-capella basés sur des appels et réponses entre un soliste et un collectif, la vie sociale y est ponctuée par des rituels d’origine africaine à l’occasion de cérémonies religieuses (https://www.youtube.com/watch?v=ZXlCB31i_5U). Il est probable que le "Holler" est le précurseur du blues, bien qu'il puisse à son tour avoir été influencé par les enregistrements de blues. Les "ring-shout" qui ont survécu jusque dans la culture hip-hop étaient des rituels extatiques réalisés en cercle, accompagnés de claquements de main et de frottements de pieds sur le sol durant lesquels celui qui se sentait inspiré, se mettait au centre pour effectuer une figure particulière de son invention (https://www.youtube.com/watch?v=HALS2fQ86E0). Dans la société sudiste post-esclavagiste, apparaissent aussi différentes formes de spectacles musicaux, le plus souvent itinérants, qui présentent toujours des parties musicales jouées et chantées (le théâtre de Vaudeville - Music hall américain)," les medicine shows" (spectacles destinés à faire vendre un élixir miracle), fêtes populaires et kermesses avec toujours des concours de folk songs et de virtuosité instrumentale. Les Noirs y sont abondamment représentés. Enfin, des chansonniers (Songsters) parcourent aussi le Sud en duo ou en solo, dansant, chantant, jouant des folk songs qui, interprétés par des songsters noirs, relatent les exploits de héros noirs qui valorisent l’auditoire. C’est très vraisemblablement parmi ces songsters, professionnels itinérants, que se crée une nouvelle forme de folk song africain américain, le blues, qui, contrairement aux autres folk songs qui content presque toujours l’histoire d’un autre, prend la parole à la première personne et dit "je" pour relater la vie des Noirs dans une société ségrégationniste où les Africains Américains n’ont pas la parole. Bientôt, certains songsters ne chantent plus que ces nouveaux blues. On les appelle alors des bluesmen.

delta blues sounds.jpgLe Delta blues, souvent considéré comme le style le plus ancien de blues. Le morceau est très souvent joué de façon très rythmique sur un seul accord (Charlie Patton, Tommy Johnson, Son House, Skip James, Bukka White, Big Joe Williams, Robert Johnson…)

 

piedmont.jpgLe blues du Piédmont, des Appalaches (région du Piedmont, sur la côte Est), est très différent. Il raconte une histoire, le jeu de guitare reprend les accords du ragtime (venu des Caraïbes et joué d’abord au piano) et la virtuosité instrumentale est constante (Blind Blake, Blind Boy Fuller, Josh White, Gary Davis).

 

Les bluesmen.jpegLes bluesmen. Ce sont souvent des semi professionnels qui laissent une grande part à l’improvisation. Ils sont seuls dans leurs déplacements et sont rejoints par des petits orchestre lorsqu’ils donnent une représentation dans une gare, un camp, un bar ou un bordel, c’est d’ailleurs là l’origine de l’introduction du piano dans le blues du delta (de nombreux camps avaient leur propre pianiste chargé d’animer le bar d’où l’origine du style barrelhouse). Ils suivront les migrations de population d’abord de la campagne vers les villes comme Memphis, Saint Louis, Atlanta ou la Nouvelle Orleans en raison de l’accroissement de la production d’acier et de coton puis vers le nord par la suite. (Big Joe Williams, Bukka White, John Hurt, Robert Johnson, Elmore James, John Lee Hooker...)

texas_blues_guitar.jpgLe blues du Texas (beaucoup plus tardif), il incorpore beaucoup de styles de guitare et de chant mexicain des vaqueros (ouvriers agricoles montés sur des chevaux), les histoires sont poignantes mais aussi pleines d’humour, le jeu de guitare est parcimonieux, note par note, joué bientôt non plus avec les doigts mais avec un plectre ou médiator (Blind Lemon Jefferson, Texas Alexander).

 

 

Le style blues de Chicago..jpgLe style blues de Chicago. La grande particularité du blues de Chicago est d’avoir unifié les différents styles blues de l’époque (principalement le blues rural traditionnel et le blues urbain naissant) tout en y apportant son aspect électrique. C’est un blues électrique et joué en groupe. Le calibrage des chansons prévu pour l’enregistrement rend sa composition plus soignée et la présence de plusieurs instruments fait évoluer l’aspect rythmique de la musique vers une partie soliste avec des improvisations pour chaque instrument sur scène (y compris pour la basse et la batterie). Ce blues s’avère être beaucoup plus musical et dansant que ses prédécesseurs grâce à l’adjonction de nouveaux instruments (parfois même des cuivres empruntés au jazz) et le fait de jouer en groupe ce qui lui assurera un succès immédiat. (Willie Dixon, Elmore James, Muddy Waters, Howlin’ Wolf....)

spirituals.JPGLe gospel, est une musique religieuse des Noirs américains. Dans certaines églises chrétiennes, il fait partie du service religieux. Le mot gospel signifie "évangile". Les chants louent Dieu et Jésus. Souvent, ils décrivent aussi les moments difficiles vécus par les hommes. Le gospel est interprété par des solistes (des chanteurs seuls) et des chœurs (des groupes de chanteurs). Les chants sont entraînants et émouvants. Ils sont accompagnés par plusieurs instruments, comme des orgues, des guitares, des banjos ou des cuivres. De nombreux chants reposent sur le principe de l’appel-réponse. Le soliste dirige en chantant une phrase, à laquelle le chœur répond par une réplique répétée. Les racines du gospel remontent aux esclaves africains qui vivaient en Amérique du Nord. Sans oublier leur culture, ils découvrent puis se passionnent pour la religion chrétienne. Ils se comparent aux Hébreux captifs en Egypte, pensent au peuple d'Israël et rêvent du Canada où l'esclavage est interdit. Ils se mettent à chanter des prières et à improviser des sermons. Ce mélange de fragments mélodiques connus, de versets libres (parlés ou chantés), d'interjections de l'assemblée est appelé "Negro Spiritual". 1960, la musique noire.jpgA partir de 1960, la musique noire a été reconnue aux Etats-Unis puis dans le monde entier, le blues a obtenu ses lettres de noblesse, mais a du même coup perdu ce qui faisait sa principale spécificité et son aspect communautaire, il a perdu cet aspect ethnique qui lui a donné naissance, si important aux yeux des Noirs-américains. Leur musique ne leur appartenait plus, ils s’en sont donc éloignés pour créer de nouvelles formes musicales plus identitaires, reconnue par l’Etat américain au cours de ces mêmes années au plan politique après une longue lutte menée par le peuple noir tantôt de manière pacifique (Martin Luther King), tantôt de manière violente (Malcom X et les Black Panthers). Cette reconnaissance politique ne suffisait pas à un peuple pour lequel la musique avait toujours été un moyen d’expression fondamental. Il fallait exprimer cette nouvelle place dans la société américaine par une nouvelle musique. Ce fut fait avec la Soul music, la musique de l’âme (soul) noire-américaine, qui fait dire à James Brown, "Say it loud" (dites-le très fort) et le public, enflammé, de répondre "I’m black and I’m proud" (Je suis noir et j’en suis fier). Cette nouvelle musique noire, de Ray Charles, Otis Redding… inspirée du Rhythm’n Blues et des gospels a dès sa naissance été exploitée commercialement et a connu un succès international tout comme, par la suite, toutes les nouvelles formes musicales inventées par les noirs-américains (le Disco, le Funk, le Break, le Smurf, le Rap, etc.). Les noirs-américains sont à l’origine de toutes les créations musicales populaires aux Etats-Unis depuis l’après-guerre, le blues détaché de ses racines ne sera plus jamais ce qu’il a été, mais il est et restera une musique de l’âme humaine, universelle, avec pour trame fondamentale "le sang, la sueur, les larmes, les désirs et les frustrations". Le calvaire des esclaves noirs en Amérique est aujourd’hui entendu et compris par beaucoup de blancs grâce à cette musique populaire capable d’atteindre une puissance émotionnelle et une profondeur de sentiments exceptionnelles. Au final, une vie entière de douleurs pour satisfaire les appétits de l'homme, un destin tragique d'où ont d'ailleurs jailli les admirables negro spirituals, chants de détresse de tout un peuple meurtri, témoignages vivants de l'atrocité subie, endurée pendant si longtemps sans qu'aucune conscience ne soit heurtée.

guitare.jpgLa guitare, est presque l’instrument emblème du blues. Rare dans les Etats du Sud avant la fin du XIXème siècle et longtemps considéré comme un instrument de pauvres, pratique, transportable et de possibilités bien plus larges que le banjo ou le violon (fiddle) qui étaient jusqu’alors les instruments favoris des musiciens ruraux, est devenue la compagne obligée des musiciens itinérants au moment où s’est développé le genre blues. La guitare est jouée très différemment selon les musiciens et selon les régions: en simple battement sur des accords (strumming) dans le Delta, avec tous les doigts de la main gauche qui décomposent les accords note par note dans un tourbillon de notes (fingerpicking) dans le Piémont appalachien.

pianos.jpgLe piano, l’instrument noble par excellence, a aussi été très utilisé dans le blues par des musiciens qui se voulaient plus urbains et qui avaient des engagements dans des lieux fixes (cabarets, bars, cinémas muets). C’est parmi eux que se sont développés plusieurs styles originaux, le ragtime d’abord (venu des Caraïbes) et le boogie woogie, blues en huit mesures et exécuté à vive allure, qui sera l’ancêtre direct du Rock’n’roll. (Roosevelt Sykes, Memphis Slim, Otis Spann)

musique à bouche.jpgL’harmonica, d’abord un simple jouet pour enfants, a été amené aux Etats Unis par les migrants allemands. Facile pour une première approche, très transportable, peu onéreux, son succès a été très vite considérable. Les premiers enregistrements d’artistes noirs les montrent imitant des trains ou des animaux. Mais à partir du début des années 1930, l’harmonica s’insère dans des orchestres à Memphis (jug bands) puis à Chicago. Grâce à ces virtuoses, l’harmonica prend progressivement une grande place dans l’orchestre de blues (Hammie Nixon, John Lee "Sonny Boy" Williamson, Little Walter, Big Walter Horton…)

La Washboard.jpgLa Washboard (planche à lessiver), utilisée comme instrument de percussion, frappée par les doigts coiffés de dés à coudre. Utilisée telle que ou agrémentée d'une cymbale, d'un wood-block, d'une cloche, etc. ; parfois remplacée par une tôle finement ondulée portée en plastron.

 

 

 

Saxophones, batterie, contrebasse,.jpg

Saxophones, batterie, contrebasse, etc… proviennent essentiellement du jazz, une musique née à La Nouvelle Orléans qui a essaimé, connu un énorme succès populaire et fortement marqué les orchestres de blues.

 

 

 
 

la liberté.jpgPendant les trois ou quatre siècles qu'a duré la traite atlantique, on estime à 4,65 millions le nombre d'esclaves transportés par le Portugal (la colonie portugaise du Brésil faisant office de plaque tournante vers le reste des Amériques). On parle peu des Arabes qui ont fait un commerce des esclaves plus important, plus longtemps et qui dure peut-être encore. La traite orientale, organisée par les musulmans vers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à travers le Sahara et l'océan Indien du VIIIe au XIXe siècle, a concerné quant à elle 17 millions d'Africains. La traite atlantique, du XVe au XIXe siècles, a concerné un total d'environ 11 millions d'Africains, en majorité des esclaves de naissance vendus par les chefs africains ou les marchands arabes (2,60 millions d'esclaves transportés par la Grande-Bretagne, 1,60 million d'esclaves transportés par l'Espagne, 1,25 million d'esclaves transportés par la France, 0,5 million d'esclaves transportés par les Pays-Bas, 0,1 million d'esclaves transportés par les États-Unis).

_La Migration.jpgLa migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité. C’est par la migration qu’à partir des premières souches émergées de l’animalité, quelque part en Afrique orientale ou ailleurs, l’homo sapiens a peu à peu peuplé la terre. Dès les débuts de l’ère historique, les premières traces écrites, nous assistons à des mouvements de population, massifs ou progressifs, violents ou pacifiques, souvent attirés par les civilisations les plus avancées, elles-mêmes écloses dans les terres les plus fertiles. La Bible nous fournit un bon reflet de ce phénomène universel. Les pérégrinations d’Abraham et de ses descendants nous fournissent un condensé des migrations (répulsion, attraction, motifs qui poussent à partir). La famine qui force les fils d’Abraham à chercher des vivres en Égypte, l’accueil dans ce pays qui les y installe et profite de cette main d’œuvre immigrée; plus tard les discriminations et les persécutions dont ils sont victimes (leur nombre, leur prospérité). Beaucoup plus tard, après la destruction des Royaumes d’Israël et de Juda, ils connaîtront la déportation forcée (autre cas de figure).

 

 

Écrit par Country francismarie dans L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) |

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