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lundi, 06 juillet 2015

Les hommes du Moyen Age dans l'Inquisition

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chasses-cathares.jpgLe catharisme, bien qu’il n’ait pas duré longtemps en raison de la violente persécution dont il a fait l’objet, a profondément marqué la culture du Midi de la France. Apparu en Italie et en France entre le Xe et XIIe siècle, il bénéficie de la protection des seigneurs féodaux du Midi. Les cathares revendiquent une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Cette croyance dualiste repose en fait sur l’existence de deux mondes  (l’un est bon et l’autre mauvais). Le premier est le monde invisible des créatures éternelles résultant de la création de Dieu le Père. L’autre est le monde visible, qui est l’œuvre du diable. Mais plus le mouvement prend de l’ampleur, moins les méthodes traditionnelles de conversion employées par l’Église catholique n’ont d’effet. Aussi, à partir de 1209, et pour la première fois, celle-ci lance une véritable croisade à l’intérieur même de la chrétienté. Combats, sièges et massacres s’enchaînent jusqu’en 1229, avant que l’Inquisition ne prenne le relais.Cette lutte contre l’hérésie, qui a donné naissance à l’Inquisition et a permis l’unification des terres occitanes à la Couronne de France, aura raison du mouvement cathare mais ne l’éteindra jamais vraiment.

tribunal de l'inquisition.jpgL'Inquisition est une juridiction créée par l'Église au XIIIe siècle pour contrer le développement des hérésies (Catharisme, Valdéisme). L'Inquisition, d'une manière générale, fait peur. Dès 1240, l'Inquisition se répand partout en Europe, à l'exception de l'Angleterre. La légende noire de l'Inquisition médiévale rapporte des inquisiteurs fanatiques, enfermant les suspects enchaînés dans de sombres cachots, livrant au bûcher des milliers d'hérétiques, entravant la liberté de pensée et réprimant tout progrès d'ordre intellectuel (ces clichés sont démentis par les faits historiques). Cependant, l'hérésie, loin de susciter la sympathie des populations, est au contraire perçue comme un accident spirituel. Aux XIe et XIIe siècles des courants hérétiques parcourent l’Europe (au Moyen Age, on comptait 10 % de Cathares et 90 % de croyants). Dans le nord de la France, certains cercles revendiquent une pureté évangélique qui aurait été "trahie" par l’Eglise. Le mot cathare provient du grec katharos qui veut dire "pur" mais qui n’est pas revendiqué par les cathares eux mêmes, ils se désignaient eux-mêmes comme "Bons Hommes", "Bonnes Dames" ou "Bons Chrétiens" et leurs ennemis contemporains les appelaient les "hérétiques albigeois". Plus qu’une hérésie, le catharisme constitue une remise en cause intégrale du christianisme. Récusant l’Église, la famille, la propriété et le serment d’homme à homme, les cathares nient les fondements de l’ordre féodal, qui contrevient ouvertement à la morale commune de l’époque. Le catharisme était opposé à la propriété privée, en particulier pour l'usage des terres. La terre ne doit "appartenir" en principe qu'à celui qui la travaille, et non à un quelconque propriétaire n'en ayant point l'utilisation directe; le catharisme refusait clairement la féodalité de l'époque, etc., d'où son succès parmi les travailleurs non possédants. Les cathares vivaient dans des "maisons de parfaits", intégrées aux villes et aux villages, qui leur permettaient de rencontrer la population et de prêcher, et leur servaient d'atelier. Des jeunes y étaient envoyés par leurs parents simples fidèles ou déjà ordonnés, pour leur formation en vue de leur propre ordination. Tout "parfait" rejoignait une maison de "parfaits", et y travaillait de ses mains, y compris les nombreuses épouses nobles et leur progéniture qui faisaient partie des rangs des cathares. Le sacrement de mariage n'étant pas reconnu, elles se séparaient de leur mari, généralement lui-même simple croyant. Sous l’autorité d’un diacre, la communauté était dirigée par un ancien ou une prieure. L’évêque était assisté d’un fils "majeur" et d’un "fils mineur". Celui-ci remplaçant le fils majeur à son décès. Ce qui ne perturbait pas la transmission ce qui s’avéra très important au moment des persécutions. Par cette organisation l’église cathare s’attachait à reproduire le schéma des premières communautés chrétiennes qui selon elles, s’étaient laissées pervertir et inféodées après le concile de Nicée par la puissante église catholique. L’absolutisme de leurs règles, l’obstination de les garder sans les faire évoluer, leur anticléricalisme et leur opposition à la hiérarchie catholique  conduira les cathares à leur perte. Les quelques derniers hérétiques (les Cathares) furent emprisonnés, jusqu'à ce que, à partir de 1329, on n'entendît plus parler de "Bons Hommes" ni de "Bonnes Femmes". Dans le monde troublé que nous vivons, je crois que la mondialisation actuellement entraîne un retour aux sources des populations des différentes régions des sectes et des croyances diverses qui se développent. Les religions traditionnelles sont l'objet de bouleversements parfois accompagnés de volonté de purification ou de retour aux sources. "Als cap de sept cents ans verdeja le laural"(dans sept cents ans, le laurier reverdira) chante un troubadour de la fin du catharisme. Le catharisme d’aujourd’hui ne saurait être considéré à l’identique de celui du Moyen Age. Difficile aujourd'hui de vivre en ascète et de voyager par deux comme les "Bons chrétiens". Les Cathares d'aujourd'hui n'ont pas le même niveau de pratique. Ils disent tous le "Notre Père" en commun et rejettent une société matérielle mais à des degrés divers (le monde de l'économie n'est plus fondamentalement rejeté par le Christianisme).


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Gens du moyen-age.jpgLes hommes du Moyen Age sont dogmatique, "qui signifie croyance" et qui n'a rien de péjoratif, d’ailleurs toute l'Europe occidentale partageait cette certitude. Dans une province dominée par l’Église catholique romaine, le simple fait de ne pas aller à la messe éveillait autrefois les soupçons du voisinage. Pour les membres du clergé, entretenir des soupçons négatifs à l’endroit des autres croyances chrétiennes était une habitude solidement ancrée. Se joindre à une église non catholique équivalait à être dans une secte potentiellement dangereuse. L'Inquisition est une justice en avance sur son temps, méthodique, rationnelle, paperassière et globalement moins sévère que la justice laïque. Afin d'éviter les représailles, le nom des accusateurs est gardé secret. L'accusé est invité à communiquer la liste de ses ennemis personnels, afin d'éviter toute dénonciation mensongère (les faux témoignages sont sanctionnés). L'aveu paraît indispensable. Le suspect est soumis à de fortes pressions psychologiques (solitude, promesses d'indulgence ou menaces). En cas de nécessité, l'inquisiteur peut recourir à la torture (légalisée par le pape Innocent IV en 1252), bien qu'il en reconnaisse les limites. Son usage est cependant réglementé (il faut éviter la mutilation ou le décès). La torture était couramment utilisée dans le cadre de la justice séculière (laïque). D'autre part, "l'accusé doit renouveler ses aveux loin des instruments de torture, trois jours en principe après avoir subi la question". Des actes de torture ont bien été pratiqués, mais les démarches brutales voire cruelles pour obtenir des aveux ne sont pas propres au Moyen- Age, elles sont de tous temps. Il est toujours plus simple de classer les choses rapidement sans trop se poser de questions. Sous bien des rapports, l'inquisition fut la réaction de défense d'une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi paraissait aussi importante que de nos jours celle de la santé. La Vérité du Christ n’est pas négociable (les autres religions et les hérésies sont donc fausses), elles indignent et scandalisent les gens de l’époque. Dans ce contexte, l’Inquisition ne révolte personne. Au contraire, elle est vue comme un bien qui délivre la société des hérésies. De plus, la méthode judiciaire employée par l’Inquisition est progressiste par rapport à une justice civile plus expéditive et plus sévère et par rapport aux réactions incontrôlées que suscitaient les hérésies (émeutes populaires, lynchages).


l'europe médiévale.jpegContre l'imagerie traditionnelle colportée par les les philosophes français qui fait de l'Inquisition espagnole l'horreur absolue. La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Age et dans toute l’Europe. En 1793, et en l’espace de quelques mois, la terreur jacobine qui avait 'purifié' la cathédrale Notre-Dame de Paris de la "superstition chrétienne" fit plus de victimes en France que les trois Inquisitions catholiques réunies (médiévale, espagnole et romaine). Si l'on a pas ces éléments en tête, on ne peut pas comprendre la "croisade ou l'Inquisition", qui est l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité (des ravages de la peste noire aux grandes famines en passant par les guerres incessantes, l’ère de la chevalerie n’était pas de tout repos). Loin d'être une justice répressive pratiquant la terreur de masse, l'Inquisition a donc été plutôt une justice en avance sur son temps par ses procédures et globalement moins sévère que la justice séculière. La fin du XIXe siècle en France est marquée par un anti-cléricalisme virulent, visant à préparer les esprits à une sécularisation complète de la société.Mon-Dieu-une-crèche.png En 1903, lorsque le parti républicain prépare la loi qui aboutira, en 1905, à la séparation de l'Église et de l'État, rappeler les excès de l'Inquisition médiévale, était pour le camp laïque une arme commode contre le 'fanatisme religieux'... Si l’on juge l’Inquisition d’après les critères intellectuels et moraux qui ont cours au XXe siècle, et spécialement d’après la liberté d’opinion, il est évident que ce système est révoltant. Mais au Moyen Age, il n’a révolté personne... l’adhésion remportée par la répression de l’hérésie peut être comparée au consensus politique et moral qui, de nos jours, condamne le nazisme qui n'avait pas besoin d'un tribunal, fût-il inquisitorial. L'image sera reprise et amplifiée par la IIIe République dans ses premières décennie "sans roi et sans Dieu". Des instituteurs se donnent pour but de "libérer les consciences de l'emprise de l'Eglise". Cette volonté se traduit dans les manuels scolaire. En réalité, de nos jours, l'intolérance est partout (excepté chez les vrais Chrétiens). Mais on a si bien réussi à les persuader du contraire, qu'ils craignent d'afficher leurs convictions et qu'ils se montrent disposés à tout partager, excepté la vérité.

Interreligieux-Croix-croissant-étoile.pngTout en reconnaissant entièrement les imperfections et les failles des institutions et des communautés chrétiennes de tous les temps, nous voulons être les dignes héritiers des chrétiens qui ont défendu des vies innocentes en sauvant des bébés jetés sur des tas d’ordures dans des villes romaines et en dénonçant publiquement la pratique de l’infanticide sous l’Empire. Nous nous souvenons avec respect des croyants qui ont sacrifié leur vie en restant dans les villes romaines pour soigner les malades et les mourants pendant les épidémies et qui ont préféré mourir bravement dans les colisées plutôt que de renier leur Seigneur. Après que les tribus barbares ont envahi l’Europe, les monastères chrétiens ont préservé non seulement la Bible, mais aussi la littérature et l’art de la culture occidentale. Ce sont les chrétiens qui ont combattu le fléau de l’esclavage, au seizième et au dix-septième siècle, des édits pontificaux ont dénoncé la pratique de l’esclavage et excommunié quiconque s’y livrait ; les chrétiens évangéliques d’Angleterre ont mis un terme au trafic des esclaves dans ce pays. Les chrétiens ont aussi fondé des centaines d’associations pour aider les pauvres, les prisonniers et les enfants qu’on faisait travailler enchaînés aux machines. Ce même attachement à la dignité humaine a poussé les chrétiens de la dernière décennie à s’efforcer de mettre un terme au fléau déshumanisant du trafic humain et de l’esclavage sexuel, à prodiguer des soins compatissants aux victimes du sida en Afrique et à défendre une grande quantité d’autres causes humanitaires allant de la fourniture d’eau potable aux nations en voie de développement à celle de foyers d’accueil pour des dizaines de milliers d’enfants privés de parents à cause de la guerre, de la maladie ou de la discrimination sexuelle.



 

 

Écrit par Country francismarie dans Religions | Lien permanent | Commentaires (0) |

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