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mercredi, 30 septembre 2015

Le "Mythe" Américain à travers Holywood.

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le piége américain.jpg

L'empire nie les frontières, écrivait Pierre Perrault dans "La grande allure". Ainsi se nourrit l'Empire américain de la décomposition de "l'Autre". Force est d'admettre que le cinéma américain d'aujourd'hui, ayant depuis plus d'une vingtaine d'années passé sous l'emprise des conglomérats industriels (groupes d'entreprises) est loin de perdre sa vitesse de croisière...

cox-boy.jpgLe cow-boy est un personnage qui vit dans le Nouveau Monde. Aucun mythe n’est plus répandu que celui du western. Au XXIème siècle, il est fascinant qu’un contexte historique par les comportements et les aspirations, la mode vestimentaire et même le type d’alimentation qu’il diffuse. Le western est devenu une référence mondiale (un rêve omniprésent). Voilà plus d’un siècle que cette contrée mythique nourrit les rêves de millions d’Américains et d'Européens. La légende de l’Ouest est d’abord apparue dans la littérature bon marché, le roman de quatre sous (le dîme novel). Le cow-boy Hollywoodien va être intégré aux trappeurs, aux chasseurs d’Indiens, pour en faire un héros. Le western au cinéma ne fera d’ailleurs que réutiliser ce mythe, les scénarios copiant les romans de la littérature populaire. Quand le western arrive au début du siècle, le personnage est déjà en place (il est blond aux yeux bleus, un "Wasp" alors que la plupart sont métis ou noirs). Aujourd’hui, dans l’Ouest américain on continue à faire de l’élevage, rationalisé, semi-extensif. Les troupeaux sont surveillés à cheval et en hélicoptère. On a creusé de vastes puits dont on pompe l’eau par éolienne dans les nappes phréatiques. Le rodéo est devenu un spectacle machiste, censé démontrer la virilité, la force, le courage des hommes. Il n’a plus beaucoup de liens avec le métier d’éleveur. marboro-man.pngEnfin l’image publicitaire comme par exemple de la marque de cigarettes Marlboro qui s’est servie de cette image à des fins publicitaires où le vide laissé derrière le cow-boy suggère l’étendue sans limite et qui est là pour nous rappeler qu’une puissance hégémonique comme les Etats-Unis impose tout naturellement ses valeurs, ne serait-ce que par une figure aussi emblématiquement connue que celle du cow-boy placée au centre de l’image comme le pays est le centre du monde moderne. A titre d'information, Eric Lawson n'est pas l'unique "Marlboro Man" a avoir succombé à une maladie liée au tabac. Trois autres acteurs en ont également fait les frais, Wayne McLaren, décédé à l'âge de 51 ans, David McLean décédé à l'âge 73 ans et Dick Hammer, décédé à l'âge de 69 ans. Tous les trois ont incarné le "Marlboro Man" et tous les trois ont été emportés par un cancer du poumon.

james dean.jpgLe vêtement le plus populaire de la planète est le jeans (image de marque du cow-boy). La popularité du jeans des cow-boys se comptent par centaines de millions, vêtement de travail, de loisirs et enfin de mode. L’histoire du jeans est intimement liée à celle du film de Western qui a amplement contribué à développer le jeans comme vêtement de mode et comme la tenue officielle du cow-boy, alors qu’auparavant on ne lui trouvait qu’un usage de vêtement de travail. C'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le jeans est largement adopté. Les acteurs Marlon Brando et James Dean deviennent alors les figures qui superpose à l'imagerie de l'Ouest et du cow-boy. Cependant, le port du jeans reste encore cantonné aux loisirs (il est interdit à l'école). Dans les années 1960-1970, le jeans, en particulier le "501" de Levi Strauss, s'affirme. Dix ans plus tard, le jeans est adopté par toutes les couches de la société américaine et porté dans presque toutes les circonstances. En réalité, l'histoire du jean et du denim( Au Moyen Âge, le coton est mélangé à du lin ou à de la laine dans des étoffes appelées futaines)  fait partie de la grande aventure du coton en Europe. Aujourd'hui, le cow-boy semble être en perte de vitesse, il s'est cependant réincarné dans de nouvelles figures culturelles qui portent son héritage dans tous les éléments qui constituent le cocktail du "New cow-boy on the rocks". Les cow-boys ont changé de monture (aujourd’hui, on vit difficilement sans voiture). On peut d’ailleurs sans descendre de sa Mustang manger un hamburger, voir un film ou régler ses problèmes bancaires grâce au système du drive-in. Etats-Unis-moise.jpgConquis par la Bible et le fusil, les Etats-Unis ont inscrit dans le second amendement leur constitution "Le droit de chacun de posséder et de porter une arme ne doit pas être enfreint, pour ce qu'une milice bien organisée est nécessaire à la sécurité d'un Etat libre". La violence a toujours fait partie de la société américaine (cinéma, télévision, jeux vidéo), et indique à quel point l'Amérique reste un pays obsédé par les armes. Les sondages réalisés après chaque tuerie montrent que les Américains ne réclament pas plus de contrôle sur les armes, en disant, "Les criminels préfèrent des victimes désarmées". On dit souvent en dérision que lorsque les secondes comptent, la police sera là dans quelques minutes. Si vous faites face à une agression armée, ça veut dire que les policiers arriverons à temps pour tracer le contour de votre cadavre à la craie. Aussi, peut-on alors blâmer un citoyen qui cherche à se protéger lui-même, sa famille et sa propriété. Bien sur, nous ne pouvons faire justice, mais nous avons un droit de nous défendre. Ce droit est d’ailleurs un corollaire (déjà été démontré) au droit à la vie et à celui à la propriété. C’est notre droit légitime, dans une situation où on est agressé, d’utiliser autant de force qui soit nécessaire pour repousser une agression contre notre personne, notre famille et notre propriété. Nous avons glorifié la violence au point d'y être devenus insensibles à la mort. Si la plupart d’entre nous savent faire la différence entre la réalité et la fiction, certains en sont incapables (c’est juste pour rire, paraît-il). Et pour ces personnes le meurtre n’est qu’un moyen d’obtenir un bon score dans un jeu vidéo. Dans les poursuites automobiles virtuelles, il vous suffit d’une simple pression sur un bouton ou d’un mouvement de joystick (manette de jeu) pour renverser autant de victimes que vous voulez. Personne n’y trouvera rien à redire et vous obtiendrez même, au contraire, des vies supplémentaires. L'Europe s'est largement construite sous influence américaine dans tous les domaines, du rap au cinéma, de la publicité à la politique, de la machine à laver aux fast-foods, de l'exportation des étudiants européens outre-Atlantique jusqu'à la libération des moeurs (le concept de "destinée manifeste"). A la différence que le fédéralisme US est né autour d’un modèle dominant (le modèle "WASP", d’une langue et d’une foi unique), contrairement à son voisin américain, l’Europe ne jouit pas d’une Histoire unifiée, elle est constituée de veilles nations aux histoires millénaires. Seul son héritage chrétien est le ciment qui lie les mémoires.

la liberté, la démocratie.jpgSous le fard de la transparence et du divertissement, l'Amérique trouve en Hollywood le refuge et le moyen de diffusion idéal pour son idéologie, qui s'exprime sous forme de vision d'avenir, de projet utopique et de mythe, tout en conservant en permanence le désir de se rapprocher au plus près d'une Amérique idéale, de rêve et d'espoir. Le mythe devient donc le moteur du rêve américain et de son idéologie (Hollywood est le fil conducteur idéal). C'est ainsi que pour devenir un véritable Américain, les Européens doit rejeter progressivement leurs représentations du monde pour adhérer au modèle indispensable d'allégeance à l'américanisme. Ce bonheur devient alors un "droit" de l'élévation du "American Way of Life"(mode de vie américain) comme modèle suprême de la liberté et de la démocratie en invitant les Européens à adopter de nouvelles valeurs et à rejeter les siennes. Ce mode de vie "à l’américaine" exhale un idéal selon lequel ses produits de la consommation est un gage de bonheur.les-symboles-de-l-american-way-of-life.jpg Les soldats américains qui libéraient l'Europe distribuaient sans compter les friandises venues d’outre-Atlantique (du savon Lux, des corn-flakes Kellogg’s, des kits de rasoirs Gillette, du ketchup Heinz, des tubes de dentifrice Colgate, des briquets Zippo, des Kleenex, des chewing-gum, des cigarettes Camel et Pall Mall , du chocolat, du Coca-Cola). Le mythe de la "Destinée manifeste", selon laquelle la nation américaine serait un peuple élu de Dieu ayant le devoir de soumettre les autres Nations à son modèle civilisateur (culture économique). Ce sentiment de supériorité se nourrit de la décomposition de "l'Autre" et s'appuie sur ce que l'on appelle l'exceptionnalisme américain, parce qu'il échappe aux normes communes du fait qu'ils n'ont connu ni les déchirements du féodalisme, ni les révolutions sociales, notamment comme en Europe. Plus que jamais leader du divertissement avec Hollywood et des nouvelles technologies avec une kyrielle de nouvelles marques (Black Berry, Facebook, MySpace, YouTube, Twitter…), l’Amérique continue à fasciner le monde. violence.jpgLe cinéma contribue à développer la culture, l'amour, l’identité et la langue des pays qui en produisent. Mais elle parcourt aussi la vengeance, la violence (la mort est devenue une distraction), particulièrement le cinéma américain. La violence n'est pas seulement visuelle, elle réside aussi dans la morale. Les héros dans les "blockbusters" (qui fait exploser le quartier) américains résolvent leurs problèmes par la violence, la plupart du temps. Un tout à chacun considère le meurtre et autres formes de brutalité comme immorales et à bannir. Pourtant, le spectateur se réjouit de voir son héros tuer un terroriste de sang froid. Le spectateur, même s'il s'oppose farouchement à la peine de mort, approuve le geste du dit “héros”. Défendre le cinéma européen n’est pas seulement défendre l’Europe, mais défendre la diversité culturelle nationale, qui doit exister partout où les noms "de César, de Gaius, de Trajan et de Virgile, de Moïse et de Saint Paul, d’Aristote, de Platon et d’Euclide" ont eu une signification et une autorité simultanées, là est l’Europe, dans "le passé avec un héritage de gloire et de regrets à partager", dans "l’avenir un même programme à réaliser". Depuis plusieurs décennies la fréquentation en Europe marque une certaine désaffection pour les films européens non nationaux. Tout comme pour la musique, le cinéma national et américain occupe 80 à 95 % de l’espace dans les pays européens (aux Etats-Unis, les films européens parviennent encore moins à s’imposer). Hollywood est l'outil de l'impérialisme idéal pour un empire américain qui, contrairement à l'empire romain, s'étend non plus territorialement mais économiquement, diffusant la propagande de son modèle par les communications, et principalement le cinéma.


 

 

Écrit par Country francismarie dans L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) |

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