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vendredi, 15 janvier 2016

Laissez au temps le temps de vivre.

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-nous-vivons-a-toute-vitesse_.jpgL'idée que tout était mieux hier, que le bon temps est derrière nous et que l'avenir ne sera jamais aussi bien est ancrée dans bien des esprits (à tord ou à raison), pourtant nous avons une capacité unique à regretter ce qui souvent n'a pas eu lieu. A l'exception de quelques simples d'esprit, n'allez pas plus vite que les aiguilles de votre montre. Il faut laisser le temps au temps, ce qui veut dire d'arrêter de vouloir bousculer les choses, la vie à besoin de temps pour s'accomplir, le temps qui passe ne revient jamais, avec le temps tout s'évanouit. Le seul animal qui n’a toujours pas compris ce principe de base, c’est l’homme. Nous vivons dans l’ère la plus "confortable" de l’histoire des êtres humains, et pourtant, 35% de personnes en Europe ont besoin d’un "bonheur chimique" (antidépresseur) pour faire face à la vie.
 
vite vite vite.jpg

Le monde est devenu fou, ivre d'accélération, de rentabilisation, chaque minute compte, maintenant, tout de suite et très vite. Pourtant, la nature nous rappellent qu'il faut laisser du temps à la croissance, qu'il faut des mois à la graine mise en terre pour germer et produire la plante, c'est pourquoi les personnes (en générale) qui grandissent à la campagne, ont d'avantage le sens du réel, le sens du temps. Comme dit le proverbe, "tout vient à temps à qui sait attendre". l'Angélus.jpgEn 1858, Millet peignait "l'Angélus" (prière de l'ange) qui montre comment les gens autrefois travaillaient dans les champs et ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, d'arrêter leurs travaux pour prier leurs morts. Ce tableau s'inspire de l'enfance paysanne de Millet, en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, sa grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire "l'angélus" pour ces pauvres morts. Il ne cherche pas à représenter la religiosité du monde rural, mais à fixer son rythme de vie. Depuis "l'Angélus", le temps a connu de brusques accélérations, par les transports et les télécommunications (Internet, téléphone portable, plus de délai entre émission et réception). Aujourd'hui, "Vite, vite, vite, nous n'avons plus de temps à perdre". L’accélération technique, au travail, sur les écrans, dans les transports. La consommation, a mené à l’accélération effrénée de notre rythme de vie. Les métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, les derniers logiciels sont déjà dépassés, les traditions et les savoir-faire disparaissent, les couples ne durent pas, les familles se recomposent, en un mot, le court-terme règne. 

TGV.jpg La construction des autoroutes à voie rapide fait que les automobilistes ne prennent plus le temps de visiter le pays, car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, voilà pourquoi on entend dire à la rentrée. "Cet été, j’ai fait la Corée en quatre jours", ou on a acheté une bibliothèque entière d’un clic de souris, ou télécharger des centaines de morceaux de musique en quelques minutes Par contre, il nous faudra toujours beaucoup de temps pour rencontrer les personnes que nous aimons (parents, frères, soeurs, cousin(es), amis) Aujourd’hui cette perte d’une identité stable n’est pas sans conséquence et peux aller vraiment mal, jusqu’au "burn-out" (syndrome de fatigue et d'épuisement) et au suicide, c’est le sentiment général de courir de plus en plus vite sans jamais aller nulle part (a vouloir vivre avec son temps, on meurt avec son époque). Entre les imprévus, l'agenda surbooké, le temps que nous passons à gagner plus d'argent pour nous offrir ce qui nous fera gagner du temps (voiture, électrons, achat en ustensiles), la multiplication de nos loisirs; nous n'avons forcément pas le temps de nous arrêter pour réorganiser tout ça, et moins encore pour nous poser les questions de savoir si tout cela a bien du sens. Si la vie est souvent difficile, une illusion peut nous la rendre encore plus difficile, celle de croire au bonheur tout rose sur un nuage bleu

prend ton temps.jpgC’est l’histoire d’un monsieur pressé de vivre vieux (Désiré) et qui va chez le médecin. "Voilà docteur, je viens vous voir parce que j’ai décidé de vivre vieux en appréciant le temps de vivre, et pour ça j’ai décidé d’arrêter de fumer, est-ce que je vais vivre vieux ?". Le médecin. "Ça devrait vous aider, mais enfin, ce n’est pas tout à fait sûr". Désiré. "Ce n’est pas grave, comme je suis très motivé, j’arrête aussi de boire, est-ce que je vais vivre vieux ?". Le médecin. "Ça ne peut pas faire de mal mais je ne peux pas tout à fait vous le garantir". Désiré. "Ben écoutez, comme je suis vraiment motivé, je vais faire un régime, j’arrête les bons petits plats, est-ce que je vais vivre vieux ?". Le médecin. "Si vous faites tout ça, vous avez beaucoup de chances de vivre vieux, mais je ne peux pas tout à fait vous le garantir". Désiré est ennuyé. "Écoutez, cher docteur, nous sommes entre hommes, je suis vraiment motivé, je suis même prêt à arrêter de faire l’amour, est-ce que je vais vivre vieux ?". Alors le médecin réfléchit. "Écoutez, je pense que j’ai quand même la solution à votre problème. Si effectivement vous arrêtez de fumer, de boire, de bien manger, de faire l’amour, ce n’est pas tout à fait sûr que vous vivrez vieux, mais ce qui est sûr, c’est que le temps va vous paraître long".

Le paradoxe fondamental dans notre vie est qu'un instant présent perçu comme court sera remémoré comme long dans nos souvenirs. Lorsque nous prêtons attention au temps (il se dilate), lorsque nous l'oublions (il s'efface). Les situations dans lesquelles nous prêtons attention au temps sont souvent celles dénuées de contenu intéressant (la salle d'attente, les embouteillages). Les situations dans lesquelles nous ne prêtons pas attention au temps sont celles dans lesquelles nous nous investissons (la rencontre amoureuse, l'expérience d'un bon film, l'écoute d'une musique ou d'une chanson que l'on apprécie). Certaines personnes ont un besoin si urgent qu'elles se lancent très rapidement dans une succession rapide d'aventures qui ont probablement moins de chances de durer. D'abord parce qu'on n'a pas laisser au temps le temps de réfléchir et de se connaître, d'ailleurs, "Twitter et Facebook" en sont des représentations symptomatiques (symptôme d'une  maladie), nous nous rétrécissons, nous étouffons, nous n’avons plus la place de laisser le temps de penser, le temps de créer, le temps d’aimer... "Pas le temps, pas le temps, pas le temps" comme disait le lapin "d’Alice au pays des merveilles".

l-ane-de-buridan-.jpgDans un tel contexte, c'est la compression du temps avec de plus en plus de choses à faire dans un même laps de temps d'où l'indécision entre deux partis à prendre, dont les inconvénients et les avantages semblent exactement les mêmes. L’expression “Etre comme l’âne de Buridan”  fait référence à une fable que l’on attribue au philosophe médiéval Jean Buridan. Voici l'histoire de  l'âne de Buridan. "Revenant d'un long voyage (il avait autant soif que faim). On plaça l'animal à égale distance d'un boisseau d'avoine et d'un seau d'eau. L'animal, ne sachant déterminer si il avait plus faim que soif, ne fut pas capable de décider s'il devait d'abord manger ou boire en premier. Il resta indifférent à l'alimentation proposé et mourut stupidement de faim ou de soif (la fable ne le précise pas). C’est l’illustration parfaite des conséquences de notre incapacité à décider dans la vie quotidienne. On n'est jamais satisfait de la totalité des paramètres qui constituent notre vie. (Vous avez la montre, nous avons le temps).

millions-d-euros-de-subventions.jpgImaginez que chaque matin, une banque vous ouvre un compte de 86.400 euros. Mais, il y a deux règles à respecter. Première règle: tout ce que vous n'avez pas dépensé dans la journée vous est enlevé le soir. Vous ne pouvez pas tricher, ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, ne pouvez que le dépenser. Mais chaque matin au réveil, la banque vous ouvre un nouveau compte, avec à nouveau 86.400 euros pour la journée.
Deuxième règle: la banque peut interrompre ce "jeu" sans préavis. A n'importe quel moment, elle peut vous dire que c'est fini, qu'elle ferme le compte et qu'il n'y en aura pas d'autre. Que feriez-vous ? Vous dépenseriez chaque euro à vous faire plaisir, et à offrir quantité de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d'utiliser chaque euro pour apporter du bonheur dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent.
Cette banque magique, nous l'avons tous, c'est le temps. Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86.400 secondes de vie pour la journée, et lorsque nous nous endormons le soir, il n'y a pas de report. Ce qui n'a pas été vécu dans la journée est perdu, hier vient de passer. Chaque matin, cette magie recommence. La banque peut fermer notre compte à n'importe quel moment, sans aucun préavis. A tout moment la vie peut s'arrêter. La vie est courte, même pour ceux qui passent leur temps à la trouver longue...Alors, que faisons nous de nos 86.400 secondes quotidiennes.

Écrit par Country francismarie dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

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