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samedi, 25 avril 2015

La folk music des "folk songs"

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Mésopotamie.jpgLa musique existe depuis les temps, même les plus reculés. Les notations musicales les plus anciennes dateraient du Ve siècle av. J.-C. et nous viendraient d’Inde. Cependant, la musique devait exister bien avant. Il est aujourd’hui établi que la musique a plus de 35000 ans, puisque des flûtes datant de cette période ont été retrouvées (l’homo sapiens vient d’arriver en Europe). Il n'est pas de civilisation qui, tôt ou tard, n'ait développé son propre système musical ou n'en ait adopté un en l'adaptant à ses nécessités et à son histoire. L’accès à l’enseignement de la musique classique n’a pas toujours été aussi "simple". Jusqu’à la fin du 18e siècle, seuls les enfants issus de familles de musiciens ou de familles plus aisées avaient la possibilité de s’orienter vers ce type de métiers. L’enseignement de la musique classique était réservé à une classe de privilégiés.

 -musique-concert-.jpgAujourd'hui, on retrouve la musique dans toutes les sociétés et dans tout le cours de l'Histoire (elle est universelle). La Fête de la musique a lieu à travers le monde (une centaine de pays), elle est parfois connue aussi sous le nom "World Music Day" (Journée mondiale de la Musique). Le 21 juin a été choisi car il coïncide le plus souvent avec le solstice d’été (un des jours les plus longs de l’année). La musique et la publicité existe depuis le début de la communication avec l’arrivée des médias tels que la radio, le cinéma, la télévision, elle est présente dans la quasi-totalité des publicités audiovisuelles. Souvent utilisée par des marques de grandes consommations, cette technique consiste à reprendre des chansons populaires avec des mélodies que tout le monde a déjà entendues au moins une fois. Par contre, loin de contribuer à l'adoucissement des moeurs, certaines musique, qui y sont produites ou diffusées lors de certains rassemblements (concerts, festivals, rave parties, etc.), semblent au contraire favoriser des pratiques "barbares", des comportements violents, déréglés et (auto)-destructeurs. Des suicides ou des crimes ont été ainsi expliqués par la volonté de réaliser des suggestions au coeur de certains morceaux, ou de répertoires entiers, ou de suivre jusqu'à la mort l'exemple de telle ou telle star (Kurt Cobain de Nirvana, notamment, un suicide d'une balle dans la tête). Dès lors, on considère parfois que, loin d'adoucir les moeurs, certaines musiques s'inscriraient dans un processus de régression de la civilisation (dé-civilisation).

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American Way of Life2.jpgDe nos jours, les musiques originaires des Etats-Unis ont un fort impact sur les jeunes qui s'en inspirent comme d'un mode de vie. Elles renvoient une image caricaturale de l'"American Dream" par des représentations exagérées d'un mode de vie utopique. Cette hégémonie musicale a une forte influence sur les goûts musicaux des européens, néanmoins on ne peut pas dire que la musique soit un vecteur de valeurs américaine car la majorité des personnes qui l'écoutent comprennent très peu les paroles. Ainsi, on peut se demander si l'adéquation (adaptation) au modèle américain n'est qu'une identification d'apparence. Les Européens adhèrent aux valeurs profondes de l'"American Way of Life" (mode de vie américaine) et donc de "l'American Dream" (le rêve américain), la croyance en l'ascension sociale pour tous et par tous par le travail et la volonté de réussir.

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Aux Etats-Unis, la musique folk est pratiquée par et pour le peuple,(en français, on parlera de musique folklorique), les musiciens sont les gardiens d'une tradition musicale, parolière et historique, d'une Amérique de pionniers, bâtisseurs et voyageurs. Le folk américain est donc aussi ancien que l'Amérique et s'est nourri des traditions musicales des différentes communautés qui ont peuplé le pays, Indiens, et immigrés européens, (britanniques, français, espagnols, esclaves déportés d'Afrique). C'est au départ une musique de tradition orale, essentiellement rurale, jouée au sein des familles ou entre voisins. Source de distraction, les chansons peuvent aussi rendre compte d'un fait divers ou commenter l'actualité sociale. Les compositeurs en sont souvent anonymes, textes et mélodies subissant des modifications au fil des interprétations, colportés par les "songsters" (musiciens itinérants) qui chantaient sur les chantiers, dans les fermes ou les campements d'ouvriers.

2Folksongs_Old_time_country.jpgLes fameux folk songs (généralement basée ou inspirée de faits réels, plausibles), ont d’abord été enregistrés par des musiciens qui étaient des fermiers, des bûcherons, des cow-boys, des trimardeurs, des bagnards. La folk music d'outre atlantique se joue strictement avec des instruments acoustiques, qui sont considérés comme des instruments populaires parce qu'ils étaient confectionnés à leurs origines par des gens simples, et aussi parce qu'il est possible de les porter comme faisaient jadis les pionniers (banjo, harminica, mandoline, violon). Les chansons traditionnelles décrivent souvent des paysages, des routes, la dureté de la vie d'ouvrier itinérant qu'on appelait parfois péjorativement "hobo", avec, parfois, une admiration pour les œuvres que les hommes bâtissaient de leurs mains (le barrage Hoover, les lignes de chemin de fer). A la même époque, le développement du chemin de fer, des villes et de l'industrie entraîne de nouveaux problèmes sociaux (exode rural, salaires insuffisants, mauvaises conditions de travail, développement d'un syndicalisme actif). Certains musiciens s'investissent dans les luttes sociales. Ainsi Joe Hill, qui travaille alors comme docker en Californie, devient membre en 1908, des Industrial Workers of the World ou plus familièrement Wobblies. Il écrit pour ce syndicat des dizaines de chansons destinées à accompagner ou encourager les mouvements de lutte. Ces compositions sont même rassemblées dans un recueil édité sous le titre Songs to fan the flames of discontent (Chansons pour attiser les flammes du mécontentement). L'exécution de Joe Hill pour un meurtre qu'il niait avoir commis a achevé d'en faire une figure légendaire du folk et une source d'inspiration pour les chanteurs contestataires des années 60 (Joan Baez a interprété la chanson Joe Hill en 1969). Popularisées par des artistes du monde entier, les folksongs américains sont devenues une sorte de folklore international connu de tous et repris partout en chœur. Cette poignée de rengaines sanglantes et désolées renvoie l’image d’une Amérique hyperréaliste. Ainsi Stagger Lee, qui pour une sombre histoire de chapeau volé flingua un certain William Lyons un soir de décembre 1895 à Saint Louis (Missouri). Repris par à peu près tout le monde (Jerry Lee Lewis , Tim Hardin, James Brown, Bob Dylan), le blues qu’il inspira échoua sur le Murder Ballads (histoire d'un assassin).Une complainte irlandaise donne naissance à un blues, superbement chanté par Jimmie Rodgers, le patriarche de la country-music (Gambling barroom blues), la Carter Family découvre Rambling boy, où l’on devine à l’état d’ébauche la mélodie du célèbre Lost highway, immortalisé plus tard par Hank Williams ; la première chanson, The Coo coo bird, éclipse les interprétations qu’en ont données Janis Joplin et Kristin Hersh. Sur les (belles) photos du livret, des familles endimanchées posent avec une raideur hiératique (solennel), une hutte de trappeur perdue au fond des Appalaches respire la quiétude "sylvestre". Images idylliques, mais les paroles de ces chansons pouilleuses (conditions d’enregistrement radicalement rustiques) et admirables, les voix célestes de la Carter Family détaillent des vies brisées par un labeur usant (Nine pound hammer) et des passions amoureuses s’achevant dans le sang (Frankie and Johnnie). Cette Old time country music est la voix d’une nation dont les tourments qu’elle exprime à la nostalgie d’un âge d’or fictif qu’entretient aujourd’hui la ville de Nashville. Woodie Guthrie (This Land Is Your Land (1941), un des grands hymnes de la génération pacifiste), Doc Watson même si sa musique est plutôt considérée comme du Bluegrass à l'image de "l'herbe verte du Kentucky". Et bien d'autres.....Ashley Ashley, Ashley Clarence, Monroe Bill, Monroe Brothers , Evans Joe, Two Poor Boys , Buell Kazee, Stoneman Ernest V, Lamar Lunsford Bascom, Dyer Richard, The Twentieth Century Minstrel , Bennett , Morris Zeke, Morris Brothers , Wade Mainer, Mainer , Mc Gee Sam, Mc Gee Kirk, Carter A P, Carter Family , Bennett Will, Hull Harvey, Darby Tom, Tarlton Jimmie, Cannon Gus, Boggs Dock, Ledbetter Huddie, Leadbelly , Guthrie Woody, Hutchison Franck, Justice Dick, Burnett Richard, Rutherford , Noack Eddie, Noach Eddie, Spark , Rodgers Jimmie, Poole Charlie, Delmore Rabon, Delmore Brothers.

woodstock-folk boom.jpgEn gros, la quête d’une tradition musicale authentique de l’Amérique populaire qui, pourchassée dès le début du siècle par des collecteurs chevronnés, inspira le "folk boom" des années 1960. On entendit alors s’élever sur les campus en révolte la "old time music". On lui fit chanter le retour à la terre, la non-violence, l’antifascisme, l’antiracisme, les droits sociaux, voire les vertus du haschisch et la liberté sexuelle… Ce qui peut paraître bougrement suspect si l’on songe qu’il s’agissait là de la musique des péquenots du Sud (hillbillies), furieusement racistes et foncièrement réactionnaires, une réalité inextricable où les Noirs chantent comme des rednecks et vice-versa. A entendre les envoûtants de ces chanteurs, on se dit que des hommes qui chantaient si tendrement ne pouvaient pas être foncièrement mauvais. Exemples des chansons. Song of Joy, raconte l'histoire d'un homme dont la femme Joy et les trois enfants, Hilda, Hattie et Holly, sont assassinés. L'homme, ayant perdu tout ce qu'il aimait et chérissait, devient un vagabond. On trouve dans les paroles la phrase suivante "in my house he wrote "his red right hand", which I'm told is from (dans ma maison il a écrit "sa main droite rouge", qui me dit que c'est à partir de ).Stagger Lee, est le titre d'une chanson traditionnelle américaine. Les paroles s'inspirent d'un fait divers qui s'est déroulé en1895. Il en existe de nombreuses reprises sous différents titres, dont la plus célèbre est celle deLloyd Price. La chanson s'inspire de l'histoire vraie de Lee Shelton (proxénète noir) condamné pour le meurtre de son ami William Lyons le 27 décembre 1895. Shelton est mort en prison en 1912, de la tuberculose. Il semble que la chanson soit née immédiatement après les faits (1910, par le folkloristeJohn Lomax). Young Hunting, elle raconte l'histoire d'une femme qui tue un homme parce qu'il refuse de l'aimer. Lovely Creature, raconte une histoire qui traite de l'amour trouvé puis perdu dans la mort. Where the Wild Roses Grow. (Là où poussent les roses Sauvages), a connu un grand succès auprès du public, qui raconte l'histoire d'un homme qui fait la cour à une femme, puis qui la tue alors qu'ils sortent ensemble. Les dernières paroles sont And I kissed her goodbye, said, All beauty must die. (Et je lui dis adieu d'un baiser et ajoutai Toute belle chose doit mourir). The Curse of Millhaven. (La malédiction de Millhaven}, parle d'une jeune fille déséquilibrée du nom de Loretta, qui décrit la mort de divers habitants de la ville, insistant sur le fait que "toutes les créatures de Dieu doivent mourir" (All God's creatures, they've all got to die). On apprend ensuite qu'elle est en fait l'assassin. La chanson fait référence à la ville de Millhaven.The Kindness of Strangers, parle d'une jeune fille du nom de Mary Bellows, qui prend la route pour voir la mer. En chemin, elle rencontre Richard Slade, mais elle lui demande de partir quand elle trouve une chambre. Se sentant seule, elle déverrouille la porte, et se fait assassiner (par Slade peut-être, ce n'est pas explicitement formulé). Crow Jane, porte le même titre qu'une chanson de blues traditionnelle. Crow Jane subit un viol collectif, elle se rend ensuite chez un armurier, y achète des armes, puis tue les vingt mineurs qui l'on violée. O'Malley's Bar, particulièrement long, parle d'un homme qui se rend dans un bar et y tue les habitants de la ville. Il est exalté et sexuellement excité par ce massacre, mais il est arrêté. Dans la voiture de police qui s'éloigne du bar, il se met à compter sur ses doigts le nombre de ses victimes.

 

Écrit par Country francismarie dans L'Amérique, Musiques & divers | Lien permanent | Commentaires (0) |

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