http://appalaches.skynetblogs.be/

samedi, 13 juin 2015

L'Ouest américains (2)

http://appalaches.skynetblogs.be/

1897_Saloon_Blackhawk.jpg 

ouest.jpgAu nord du Rio Grande, dont personne ne savait si on était en terre mexicaine ou aux Etats-Unis, les Américains annexèrent le Nouveau Mexique qui, ajouté à la Californie de l’époque, recouvrait une bonne partie des Etats actuels (Arizona, Nevada, Utah, Californie, Nouveau Mexique, Wyoming et Colorado). Puis, l’Oregon est cédé par les Anglais, ajoutant un morceau de côte Ouest. La découverte de filons d’or et d’argent attira 80.000 migrants venus chercher ces métaux précieux. Ces pionniers franchissaient 3.000 kilomètres en chariots, pour s’installer sur ces terres inhospitalières et les bourgades rencontrées avait une population se comptant en dizaines d’habitants. L’arrivée d’un convoi de chariots doublait ou triplait le nombre d’habitants, provoquant des problèmes d’habitat. Selon les rumeurs relatives aux mines d’argent et autres filons d’or, les migrants s’y précipitaient. Il y eut pour le seul Colorado, 100.000 candidats en 1859, venus pour la plupart en célibataires. Ils logeaient à la belle étoile ou dans des auberges et autres boarding houses, faites de tentes ou de cabanes. En dehors de ces bourgades et de leurs agrégats de demeures, des vastes territoires s’étendaient à perte de vue. Tout cela signifiait un territoire de 7 millions de km² s’étendant d'un océan à l'autre, soit le triplement de la surface du pays, entre 1803 et le milieu du siècle. Beaucoup de ces territoires ajoutés, avaient un climat semi-aride et attiraient tout de même beaucoup de monde. Les repas tournaient autour des sempiternels haricots au lard, avec la même crêpe de maïs et le même liquide sale et tiède, affublé du nom de café. Il y avait à côté, des estaminets où l’on pouvait boire, jouer aux cartes ou s’asseoir, mais le propriétaire n’était pas un philanthrope et il fallait consommer. Donc, les saloons (on ne les appelait pas encore ainsi) étaient présents. A Taos, à Santa Fe ou au Nouveau-Mexique, il y avait de rares "cantinas" mexicaines, jusqu'à ce que les nombreux saloons poussent partout où les pionniers établissaient un campement. Le premier endroit appelé "saloon" à vu le jour à Brown’s Hole près de la frontière entre Wyoming, Colorado et Utah. Créé en 1822, le "Brown’s Saloon" servait les trappeurs durant la grande période de la traite des fourrures. Ces bars ou saloons, construits avec des matériaux trouvés sur place. On avait même, installé un saloon dans la coque d’un navire échoué et un autre simplement dans un trou creusé sur le flanc d'une colline. Dans ces tentes, ces trous ou ces cabanes, on servait du whisky fait maison, à partir d'alcool brut, du sucre brûlé et du tabac à chiquer. Le breuvage était qualifié par des humoristes, de "Tarantula Juice", (jus d’araignée vénéneuse) ou "Coffin vernis" (vernis de cercueil). On servait aussi de la bière faite maison et comme il faisait très chaud, elle perdait sa mousse. On pouvait aussi avoir du vin de cactus mélangé de tequila et d’une variété de thé. Il arrivait au tenancier d’ajouter à telle boisson forte, de la térébenthine, de l’ammoniac, de la poudre à fusil ou de poivre de Cayenne pour la rendre plus mâle et en faire un véritable tord boyau. On qualifiait ces endroits de cantina, d’abreuvoir, de moulin à gin. La qualité de ce qui était servi était loin d’être égalé, jusqu’au jour où des hôtels plus luxueux ouvrirent (avec leur saloon).



 

Meeker Co Saloon,1899.JPG

 

saloon.jpgDes bourgs qui grossissaient très vite, cherchaient à attirer un bel hôtel ou un restaurant (si possible français) pour se rendre plus attrayant. Après un premier hôtel (avec saloon) érigé dans l’agglomération, des saloons autonomes s’égrenaient comme une trainée de poudre. En 1848, Santa Barbara (Californie), n'avait qu'une cantina, mais dès la découverte de l'or, la ville a eu ses trente saloons. Livingston (Montana), avec ses 3000 habitants comptaient trente trois saloons qui étaient très rapidement, rentables. …Et quand la ville se développait, les saloons étaient mieux décorés (cornes, éperons, têtes de cerfs et selles ornaient les murs). De même les assiettes en étain et les écuelles en bois, étaient remplacées par de la porcelaine et des verres à pied de Bohême faisaient leur apparition. Souvent, il y avait une peinture de femme dénudée suspendue derrière le bar. A l’Ouest, les extérieurs de saloons finirent par se ressembler avec leur façade en bois, portes battantes, poteaux pour attacher son cheval et parfois, une source d'eau à proximité pour le faire boire. Le comptoir était relativement long pour accueillir un nombre élevé de clients debout. Il y avait des crachoirs tout le long du bar. Le whisky venait alors de l’Est des États-Unis et même d’Europe, plus de bière brassée servie chaude, mais de la "Budweiser". La bière était moins servie que le whisky (jusqu’à la pasteurisation et le froid artificiel, introduits en 1880 par Adolphus Busch). Avant, le client devait boire rapidement sa bière, elle se réchauffait encore plus et devenait imbuvable. C’est ainsi que la marque de bière "Budweiser" fut lancée dans l’Ouest du pays. Pour les buveurs de bière, le patron prévoyait quelquefois le long de la corniche, des serviettes pour que les clients puissent essuyer la mousse de la bière de leurs moustaches. On servait aussi des boissons fantaisie, comme le "Pisco Punch" qui a été le cocktail le plus célèbre de San Francisco durant plus de 50 ans. Avant le creusement du Canal de Panama, les voiliers à destination de San Francisco devaient faire le tour de l’Amérique du Sud et s'arrêtait en cours de route, au Pérou. Ils rapportèrent de l'eau de vie locale que l’on appelait "Pisco" avec laquelle on faisait le "Pisco Punch". A défaut de préparer des choses aussi compliquées, le barman versait parfois du whisky sur le feu pour montrer aux Indiens les propriétés éminemment inflammables de la "Firewater". L’idée d’inclure un free lunch s’installait dans l’esprit des tenanciers de saloons. Il pouvait être tout à fait rudimentaire ou par la suite, devenir très élaboré. La valeur du repas était généralement plus élevée que le prix d'un verre unique, mais les tenanciers espéraient voir les clients, recommander ou du moins, en parler autour d’eux, amorçant le bouche à oreille qui amènerait d’autres clients. En 1875, un article du New York Times précisait que le free lunch était une particularité typique de la Nouvelle-Orléans, et ajoutait que "Dans chacun des saloons de la ville, un sorte de repas est servi gratuitement tous les jours...". Des milliers d'individus de cette ville vivent entièrement sur les repas pris de cette façon. Le processus de réaction en chaîne (boire-grignoter, grignoter-boire) se poursuivait pendant des heures, au cours desquelles les clients finissaient par consommer beaucoup d'alcool. Le menu du Free lunch variait d’un endroit à l’autre. Si le barman était allemand, il y avait des tranches de blutwurst, zervelatwurst, et landjaegers pour tenter les clients. Si le propriétaire était italien, on trouvait des calzones et du pepperoni (pas du poivron qui est la traduction exacte du mot, mais un saucisson piquant). A Chicago, on offrait aux clients réguliers, d’épaisses tartes à la crème. Dans le Sud-Ouest les clients pouvaient se servir à partir d'un bol de chili con carné, ou grignoter de nachos faits petits carrés de tortillas croquantes avec des frijoles et du fromage fondu. D’autres fois, les tenanciers faisaient un plat du jour qui variait tous les jours… Certains saloons se voulaient éclectiques (tendances diverses) et offraient "une huitre frite, une palourde, ou un œuf dur avec chaque verre" en plus de la partie libre-service. Le mot lunch ne devait pas être pris à la lettre car c’était quelquefois un free breakfast ou un free dinner et les mêmes produits bien salés attendaient patiemment (matin, midi et soir). Après l’instauration de la prohibition et la fin des saloons, les vieux de la vieille décrivant les free lunches des grands palaces, parlaient de dîners gastronomiques où étaient servies de minuscules boulettes de viande savoureuse, du gruyère français, du jambon cru, et autres mets… Les comptoirs de ces endroits étaient recouverts d’impeccables nappes blanches et d’assiettes contenant des choses délicieuses pour satisfaire les goûts les plus exigeants... Il fallait toujours des aliments (très) salés (bretzels, pain de seigle, hareng fumé, cacahuètes, saucisses poivrées, choucroute, harengs, rollmops, cornichons à l'aneth…) La théorie sous-jacente étant que les choses bien salées poussaient à boire des chopes de bière et autres boissons. Dans bien des cas, le verre que l’on buvait coûtait quinze cent et ce que l’on mangeait, commandées dans un restaurant, revenaient à plus d’un dollar. Un article de 1872, du New York Times évoque ce que le journaliste appelle les flâneurs et les  "hommes free lunches" qui ne travaillent pas et qui s’installent dans les saloons en se faisant offrir un verre par des inconnus et dévorent tout ce qu’ils peuvent, cherchant à passer inaperçu du barman. saloon ouest.GIFFinalement, il y avait tous les types de saloons imaginables (des salles de jeu, des restaurants, des salles de billard, des saloons avec salle de danse, des bowling saloons, etc.) Dans de nombreux endroits très fréquentés, le saloon ne fermait jamais et recevait des clients, 24 heures par jour, sept jours par semaine et certains n’avaient même pas une porte d'entrée qui se ferme. En parallèle, le free lunch devint une expression reprise dans la littérature des États-Unis des années 1870 à 1920. Même le guide Baedeker paru en Français en 1905, disait que l'eau glacée (déjà) est la boisson naturelle des Américains, que les bars sont une spécialité américaine. On y boit de la bière, rarement du vin et surtout ces combinaisons de boissons, dites "American Drinks". Une petite collation froide (allusion aux free lunches) n'est pas portée en compte (toutes les consommations se prennent debout). On ne peut parler l'Ouest, sans parler des centaines, voir des milliers de saloons dans l'Ouest américain. Le terme lui-même de "saloon" évoque une image Hollywoodienne dans nos esprits d'un Far West avec des façades en bois, une grande rue poussiéreuse, des portes battantes toujours présentes dans les saloons, le cow-boy à la longue barre polie du comptoir à la recherche d'un whisky pour sa gorge desséchée. Dans presque tous les saloons, il y a une longue barre, généralement en chêne ou en acajou et polie d'un éclat magnifique. La base de la barre serait un rail de pied en laiton brillant avec une rangée de crachoirs espacés le long du plancher à côté de la barre, et des serviettes suspendues pour essuyer la mousse restée sur les moustaches. La richesse des saloons est proportionnelle au développement et à la réussite des villes dans lesquelles ils se sont implantés, les décorations traduisant le plus souvent les idéaux de la clientèle. On peut ainsi relever que dans les prairies, on trouvera des cornes, des éperons ou des selles ornant les murs, tandis que, dans les montagnes, un client sera satisfait de regarder des têtes de cerfs ou d'élans empaillées. Sans parler des nombreuses peintures de femmes nues accrochées derrière le bar. Une question que beaucoup se pose est de savoir si les saloons avaient vraiment des portes battantes de style cow-boy. Ces types de portes effectivement appelées parfois "chauve-souris", étaient en fait, dans de nombreux saloons, mais, loin d'être aussi souvent comme dépeints dans les films western (c'est tout simplement que le héros pouvait faire irruption dans la porte battante, et jeter le méchant à travers). Elle possède des battants libres qui permettent une ouverture dans les deux sens, ceci grâce à un mécanisme d'entraînement qui remplit à la fois la fonction de poussée et de traction. Ils sont pratiques car ils ont un accès facile, il réduise la poussière de l'extérieur, fourni une ventilation et permet aux gens de voir qui entre. La plupart des berlines (saloon), ont des portes pleines à l'extérieur (même ceux qui ont des portes battantes), pour protéger l'intérieur contre les intempéries, ou la fermeture du saloon, certaines berlines n'avaient pas de portes, car ils étaient ouverts 24 heures par jour. Dans les saloons de l'Ouest, les autres ethnies ne sont pas tolérées. Les Indiens y sont interdits par la loi. Un homme noir peut occasionnellement y être accepté, à contre-coeur, si c'est un joueur ou un hors-la-loi. Un Chinois risque sa vie s'il pénètre dans un saloon. Cependant, il existe un type "d'homme blanc" qui n'est pas le bienvenu dans un saloon, le soldat, qui représente le symbole de l'autorité pour la majorité des hommes de l'Ouest, pour la plupart aventuriers, bannis, déserteurs ou ne correspondant tout simplement pas aux critères du "bon" Américain. En règle générale, les hommes de l'Ouest ne boivent pas seuls et jamais à la maison. Il est de coutume qu'on offre à boire à l'homme qui se trouve à côté de soi. Si un étranger arrive et qu'il manque à cet usage, on lui demandera des comptes. Pire encore, ce sera une terrible insulte s'il refuse un verre, indépendamment de la boisson proposée. Toutefois, si un homme arrive et avoue être assoiffé, peu d'hommes lui refuseront un verre. Par contre, on lui règlera son compte (ou pire) s'il a commandé un verre, tout en sachant qu'il ne pourra pas le payer. Pour les raisons culturelles de l'époque, les femmes respectables sont également exclues. A part les "girls", les femmes ne pénètrent pas dans un saloon (tradition qui va perdurer jusqu'à la Première Guerre mondiale). En représailles, les dames seront en tête du mouvement pour la prohibition. Apparue d'abord dans les villes minières, particulièrement lors de la ruée vers l'or en Californie, la prostitution se développe rapidement dans les villes-champignons de l'Ouest, attirant de nombreuses travailleuses de l'Est et du Middle West. Dans de nombreuses villes, le taux de femmes "honnêtes" par rapport à la population masculine est de 1%, encourageant ainsi le commerce sexuel. Jusque dans les années 1890, les mères maquerelles ont en général dirigé ce commerce, après quoi les souteneurs ont pris le dessus, et les conditions de vie des femmes prostituées ont globalement décliné. L'aspect des bordels des villes de l'Ouest dépeint dans les films est peu réaliste, car l'apparence de la plupart des prostituées était beaucoup moins attrayante que celle des starlettes d'Hollywood. La place de la prostitution et du jeu était centrale dans ces villes de l'Ouest, et ce n'est que plus tard, quand la population féminine a augmenté, et que l'influence des institutions judiciaires ou religieuses sont apparues, que la prostitution est devenue moins flagrante, plus réprimée et moins commune.


 

Wanted Dead.jpg

L'expression mort ou vif apparaît le plus souvent dans les avis de recherche lancés contre les criminels, et plus particulièrement les meurtriers. Elle signifie que la récompense est remise au chasseur, que la personne recherchée soit abattue ou capturée vivante. Toutes les cultures partagent le même engouement pour la justice établie par le mythe du héros. Toutefois, ce héros ne peut vaincre que par la violence. Tous ceux qui ont vu des films de cowboys dans l’ouest américain se souviennent des affiches "Wanted Dead or Alive" (recherché mort ou vif), montrant la photo d’un criminel et la somme d’argent offerte pour sa capture ou son cadavre. Le crime commis par la personne recherchée pouvait aller du vol au meurtre. L’affiche laissait entendre que le criminel représentait une telle menace pour la bienséance et la sécurité de la société que son élimination était garantie. La violence, que tous prétendent détester, est néanmoins toujours la seule solution réaliste. Nous disons que nous n’approuvons pas la violence, mais nous la choisissons tout de même parce qu’elle nous semble la seule option capable de mater le méchant.

John_Wesley_Hardin.gifhardin_in_death.jpgJohn Wesley Hardin (alias "Wes Hardin", alias "Little Arkansas") est né en1853, à Bonham au Texas (Hardin a figuré dans plusieurs romans sur le Far West comme Streets Larry McMurtry de Laredo, JT Edson "Floating Outfit", James Carlos Blake, The Pistoleer (1995), et les «Quatre Sixes To Beat: The Tale of a Killer par Bruce N. Croft (2004). Il était le second fils d'un pasteur méthodiste itinérant, faisant également parfois office d'instituteur et de juge. Quand éclata la guerre de sécession, sa famille embrassa d'emblée la cause Confédérée. Quatre ans plus tard, à l'issue de cette guerre civile, il avait appris ce qu'était la haine et les exactions commises par l'administration nordiste envers les habitants du Sud qui ne firent qu'entretenir cette rage. A 15 ans, il tua son premier homme, un ouvrier noir avec lequel il avait eu maille peu de temps avant. Selon certaines sources, l'homme armé d'un gourdin reçu trois balles dans l'abdomen avec un colt 1860 Army. John Wesley pris la fuite, pour éviter d'être face à un tribunal nordiste. Il en profita au passage pour abattre trois soldats qui le pourchassaient. Réfugié chez un cousin, Simp Dixon, il fut rattrapé par l'armée et s'ensuivit un nouvel échange de coups de feu au cours duquel les deux cousins tuèrent deux homme avant de s'enfuir chacun de leur côté. On le retrouve un peu plus tard employé dans un ranch de Navarro (Texas), mais il reprit bientôt la route après le meurtre d'un joueur, Amos Bradley, qui l'avait accusé de tricherie. A Horn Hill, toujours au Texas, il tua un employé du cirque des frères Robinson qui tentait de l'expulser car il refusait de payer son entrée et parvint à se sauver une fois de plus. Plus loin, dans la ville de Kosse, il tua d'une balle dans la tête un proxénète du nom d'Alan Comstock, pour un différent de 100 $ et les beaux yeux d'une prostituée dont il s'était accaparé les faveurs (à cette époque, Wesley avait 18 ans avec 8 morts à son actif). Il fit bientôt une nouvelle victime à Waco lors d'une querelle de jeu et fut capturé près de Longview mais sorti un revolver dissimulé et abattit un métis chargé de le garder. Il fut à nouveau fait prisonnier par trois policiers d'état alors qu'il filait vers le Mexique et réussi à les tuer tout les trois on ne sait trop comment, puis renonçant à traverser la frontière, il se rendit à Gonzales. Là il travailla dans le ranch de ses cousins Clement (Manning, Jim, Gyp et Joe) mais tua un mexicain qui distribuait les cartes dans une maison de jeux de Gonzales. Il se joignit alors à ses cousins pour convoyer un troupeau à Abilène et se soustraire une fois de plus à la justice... Il est généralement admis qu'il aurait tué deux indiens et un chef de convoi mexicain en cours de route. A cette époque, Wild Bill Hickok était Marshall d'Abilène, mais il semble que durant le séjour de Hardin, l'un et l'autre se soient soigneusement évités, même après que Wesley ai une fois de plus laissé un mort derrière lui lors d'une partie de poker. Hardin se joignit à un détachement armé parti à la recherche de Pablo Guttierrez, un bandit mexicain. Il retrouva et abattit Guttierrez à Bluff (Kansas) puis revins à Abilène où il bénéficia d'une certaine popularité suite à son exploit. Mais une nuit, il fut réveillé par un rôdeur qui s'était introduit dans sa chambre, pas de chance pour l’intrus qui mourut sur le champs. Ayant aperçu Hickock, Hardin s’échappa en volant un cheval et retourna à Gonzales. En chemin il tua Green Paramoor, un policier (noir) fédéral lancé à sa poursuite et ensuite trois citoyens armés (probablement avec l'aide de ses cousins Clément). A Gonzales, il épousa Jane Bowen et tenta de vivre paisiblement pendant un moment comme vendeur de chevaux, mais durant l'été 1872, il tua un mexicain qui avait peut être essayé de le voler et fut ensuite blessé pour la première fois au cours d'un échange de coups de feu avec un joueur. A seulement 19 ans et fort de 25 meurtres sur la conscience, John Wesley Hardin était à l'origine de trop d'effusions de sang, même pour les habitants indisciplinés du centre du Texas. Après l'arrivée d'un autre détachement de citoyens armés, il fut de nouveau blessé et se rendit au Shérif Dick Reagan du comté de Cherokee. Après quelques mois de prison, il scia les barreaux de sa cellule et s'enfuit vers le comté de Witt pour rendre visite à des parents éloignés, les Taylor... Durant son séjour, il fit deux nouvelles victimes (le Shérif Jack Helm et son adjoint, Pat Morgan). Au printemps 1874, le Shérif Adjoint Charley Webb du comté de Brown arriva à Commanche et trouva Hardin dans une taverne en compagnie de Jim Taylor et Bud Dixon. Après une brève discussion, Webb s'effondra mortellement touché par Hardin et fut achevé par ses complices. Hardin fut également blessé dans l'affrontement. Une prime de 4000 $ fut offerte pour sa capture et Hardin reprit sa cavale se cachant durant 3 ans sous divers noms d'emprunts (John Adams, J.H Swain...), exerçant les emplois les plus variés (fermier, débardeur de bois, acheteur de chevaux, tenancier de bar...) parcourant plusieurs états (Louisiane, Géorgie, Alabama, Floride). La tenacité des forces de l'ordre fini par payer et retrouvèrent sa trace. Le Lieutenant John B. Armstrong des Rangers ainsi que deux adjoints, le suivire jusqu'à Pensacola Junction. Ils montèrent dans le wagon du train où se trouvait Hardin en compagnie de trois comparses. L'un des bandits fut tué et les deux autres arrêtés. Armstrong assomma Hardin avec le canon de son revolver. Le Hors-la-loi fut jugé à Gonzales pour le meurtre de Webb et condamné à 25 ans dans la prison de Huntsville où il étudia le droit. Après 16 ans, le gouverneur Jim Hogg le gracia. Il retourna à Gonzales un moment puis parti à El Paso où il ouvrit un cabinet juridique. Là il se lia avec une prostituée du nom de Bella (ou Beulah) et fréquenta assidûment les saloons et cercles de jeu de la ville. Bien que plus calme que dans sa prime jeunesse, il portait toujours ses revolvers. Le souteneur de Bella, un certain Morose (ou McRose) voleur de bétail de son état, était à Juarez au Mexique, une prime ayant été offerte pour sa capture. Hardin négocia une entrevue entre le hors-la-loi et les forces de l'ordre... Celle-ci eu lieu de nuit et lorsque cette rencontre fut terminée, Morose avait été tué par les hommes de loi avec pas moins de 8 balles dans le corps. Parmi les policiers d'El Paso, se trouvaient des gens peu recommandables du nom de Selman, Old John Selman et son fils, John Selman Junior. Il semblerait qu'ils aient trempé dans l'affaire Morose. Quoi qu'il en soit, le 19 Août 1895, aux alentours de 23h00, Old John Selman pénétrait dans "l'Acme Saloon" d'El Paso où se trouvait Hardin. La veille, Hardin avait avertit le père Selman que son fils ferait mieux de se tenir à l'écart de Bella qu'il avait arrêtée et soumise à une amende de 50 $, pour ivresse sur la voie publique et vagabondage... Selman entra dans le saloon en s'approchant de Wesley Hardin qui lui tournait le dos, dégaina son Colt SAA (cal.45, canon de 5,5") et lui tira une balle dans la nuque. Tué sur le coup, Hardin s'effondra le long du comptoir et Selman lui tira encore deux balles, l'une le touchant au bras, l'autre au flanc. John Selman était lui-même, abattu un an plus tard. Hardin est enterré au cimetière de Concordia à El Paso (Texas). Ironie du sort, le tueur de Hardin, John Selman, est enterré à quelques mètres de là. Ainsi disparaissait l'un des pires tueurs de l'Ouest Américain, à l'âge de 42 ans.john_wesley_hardin_memorabilia.jpg Durant sa carrière de gunfighter, Hardin a successivement utilisé un Colt 1860 Army, un Colt 1851 Navy (qu'il considérait comme l'une des meilleures armes jamais construite), de nombreux Colt DA Lightning cal.38 et Colt DA Thunderer cal.41 (qu'il affectionnait particulièrement), tout comme les Merwin Hulbert & Co Pocket Army DA cal.38. Le jour de sa mort, il portait un Colt SAA cal.45 (sans extracteur) et un S&W DA 44-40. Il fut également l'un des premiers à porter régulièrement des holsters d'épaule. En 2002, à San Francisco (Californie) une vente aux enchères d'effets personnels de John Wesley Hardin. Un lot vendu pour $ 15250, contenant un paquet de ses cartes à jouer, une de ses cartes d'affaires, et un article de journal contemporain de sa mort. La balle qui a tué Hardin vendu pour $ 80,000.

William Tilgman.jpgWilliam Tilghman est né le 4 juillet 1854, à Fort Dodge (Iowa) Deux ans plus tard, la famille déménage à Atchison dans une ferme du Kansas. Dès l'âge de seize ans, il chassent le bison, en raison du marché lucratif pour les peaux de bisons (il déclara avoir tué environ 12.000 buffles sur une période d'un peu plus de cinq ans). Ceci l'a conduit a rentré en conflit avec les Amérindiens locaux et au cours d'une escarmouche en septembre 1872, Tilghman tua sept  Cheyennes. Deux ans plus tard il échappa de justesse à un lynchage après avoir été faussement accusé d'avoir assassiné un homme à Granada (Colorado). En 1875, Tilghman ouvrit un saloon (bar) à Dodge City ((il a exploité deux salons à Dodge). En 1877, il épousa une veuve, Flora Kendall et a commencé l'exploitation d'un petit ranch près de Dodge City, il accepta l'offre de son ami, Bat Masterson, de devenir son shérif adjoint de Ford County. Tilghman eut rapidement la réputation d'un homme de loi courageux et honnête ce qui le conduisit, plus tard à devenir Marshall de Dodge City. En 1889, il s'est rendu en Oklahoma, à Guthrie où il a été nommé Marshall adjoint des Etats-Unis. À la différence d'autres hommes de loi, Tilghman a rarement recouru à employer la violence et pendant sa carrière n'a tué que deux criminels au cours de combats. Tilghman, Heck Thomas et Chris Madsen sont devenus notoirement connus sont l’appellation Three Guardsmen (les Trois Guardsmen) et furent en grande partie responsables de l'élimination du crime organisé en Oklahoma. Ceci incluant la traque de Bill Doolin et son gang. On raconte que Tilghman a été payé en récompense financière plus que n'importe quel autre officier de loi. Un autre Homme de loi célèbre, Bat Masterson, décrit Tilghman comme "the greatest of us all" (plus grand de nous tous). En 1893, il a travaillé comme shérif dans la ville champignon de Perry, où il a tué un fauteur de trouble appelé Croissant Sam le 17 Septembre 1893. Pendant cette période Tilghman, sa femme et ses quatre enfants ont été à haras près de Chandler. Flora Tilghman ayant contracté la tuberculose en 1897 elle retourne à Dodge près de sa mère .En 1900, elle demande le divorce (Flora est morte en 1903, à l'âge de 48 ans). Tilghman épouse une institutrice de vingt-deux ans, Zoe Agnes Stratton, qui plus tard a écrit la biographie de son mari (ils ont eu trois enfants). Après sa retraite en tant que Marshall en 1910, Tilghman fut élu au Sénat d'État. Cependant, il regrettait sa vie d'homme de loi, et en 1911, il fut nommé chef de la police de la ville d'Oklahoma City. En 1915, il a également travaillé en tant que conseiller sur le film "The Passing of Oklahoma City Outlaws" (Le passage des bandits à Oklahoma City- film muet). Dans ce rôle Tilghman essaya de persuader le directeur de ne pas représenter les hors-la-loi comme des héros car ceci pourrait susciter l'admiration de jeunes garçons. En 1924, Tilghman âgé de 70 ans, fut nommé Marshall de Cromwell. Le 1er novembre, 1924, Bill Tilghman fut tué en essayant d'arrêter Wiley Lynn, un officier corrompu par la prohibition.

Écrit par Country francismarie dans L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.