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lundi, 23 novembre 2015

Symbole du Far West ("Diligence - "Pony"-Express" - "Transcontinental" - "Télégraphe").

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Au milieu du XIXe siècle, aux Etats-Unis d’Amérique, l’époque de la diligence, du Pony Express, de la construction du réseau de chemin de fer, du télégraphe et de la ruée vers l’Ouest. Des milliers de personnes quittent les côtes de l’Atlantique pour tenter leur chance vers le Pacifique. Les vols de lettres ou de colis étant fréquents, le transport de l’argent assez risqué, et le tarif postal élevé, l’engouement pour les messageries privées se développe, et offrant des services additionnels à ses clients. Par exemple, si un restaurateur de Buffalo se plaint de ne pas trouver d’huîtres, le société trouve le moyen de lui en procurer et de les lui faire parvenir via containers… Avec l’augmentation du nombre d’immigrants et l’expansion du commerce avec l’Europe, l'entreprise se spécialise dans le transport transatlantique des marchandises et dans les services facilitant la circulation des flux financiers. En 1891, elle lance ainsi le "Travelers Cheque American Express", un mandat plus sûr et plus pratique que les mandats postaux existants. Entre 1841 et 1849, les déplacements ont centuplé, c’est ainsi qu’en mars 1850, naît la société American Express (Butterfield, Wells et Fargo). En mars 1852, la Wells Fargo &C° ouvre son premier bureau à San Francisco (Montgomery Strett), les mineurs ont désormais la possibilité de porte leurs pépites et la poussière d'or au bureau le plus proche pour les faire peser et les déposer. La compagnie leur donne un reçu en bonne et due forme. Certes la compagnie n'est pas la première à proposer ce genre de service, mais sa rigueur, sa rapidité et son honnêteté font merveille. Très vite les mineurs ne jurent plus que "par dieu et la Wells Fargo". Forte de ce succès la compagnie double sa prestation en proposant d'acheminer le courrier privé et bientôt de transporter les femmes et les enfants des mineurs. A partir de 1866, la Wells Fargo &C° détient enfin le monopole des transports, elle acquiert le privilège du transport du courrier au détriment du train. La banque Wells Fargo, premier pourvoyeur de prêts immobiliers aux Etats-Unis, est devenue la plus grosse capitalisation bancaire de l'histoire. 

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La diligence est un grand symbole du Far-West, un phénomène qui est né et mort en même temps que l’époque qui l’a rendue légendaire. L’immensité des espaces d'Amérique du Nord popularisa les diligences de diverses compagnies, la plus célèbre étant la Wells Fargo, tirées par plusieurs chevaux. La diligence était un véhicule constitué de quatre roues (deux petites à l’avant et deux plus grandes à l’arrière). Ces roues consistaient en un moyeu fabriqué en orme, des rayons en chêne résistant et la jante était en noyer. À l’avant se trouvait la boîte du conducteur, où on retrouvait le siège. On connaissait le conducteur sous différents surnoms (Whip, Whipster, Charlie ou Jehu). La protection contre les bandits de grands chemins, était assurée par un garde armé d’un fusil de chasse que l’on surnommait "Shotgun", assis habituellement à la gauche du conducteur. Sous le coffre du conducteur on retrouvait aussi un petit compartiment en cuir dans lequel on transportait le célèbre et précieux coffre contenant les objets de valeur. Souvent il s’agissait d’un coffre de la célèbre compagnie de transport Wells, Fargo & Company. Ces coffres contenaient des sacs d’or, des Lingots d'or, de petites boîtes de poussière d’or, des papiers de transactions pour de l’or, ou de l’argent liquide. Tout à l’arrière du véhicule on retrouvait un compartiment recouvert d’une housse de cuir. C’est là qu’on installait les bagages des passagers et quelques accessoires de la diligence. La diligence de l’Ouest américain ne pouvait pas se permettre d’être munie de vitres à ses fenêtres en raison du terrain accidenté. On retrouvait donc de simples rideaux aux fenêtres, ce qui offrait une certaine protection pour les passagers contre la pluie, la boue, la poussière et le froid. Ces rideaux étaient fabriqués en cuir ou tout autre matériau rigide. Le voyage coûtait 25 $ par mile sur un aller simple et il fallait compter trois jours avec de bonnes conditions atmosphériques. Donc, cela représentait un moyen de transport encore réservé aux gens de "première classe". Cependant, ces dandys de la haute société devaient parfois parcourir un bout du chemin à pied et même pousser la diligence lorsque celle-ci s’enlisait dans la boue, ce qui était habituel sur la plupart des routes du Texas. Un ticket plus courant coûtait 10 $ par mile si la température était bonne, alors que le prix pouvait aller de 20 à 35 $ du mile lorsque de la pluie était attendue. En moyenne, une diligence parcourait 50 miles par jour si la route était sèche, et beaucoup moins en terrain boueux. Voilà pourquoi les contrats postaux du gouvernement exigeaient seulement un minimum de 15 miles par jour. Au début, on retrouvait évidemment des stations (stagecoach inn) pour les diligences à tous les 50 miles ou plus, où les voyageurs pouvaient s’arrêter pour la nuit. Les diligences ne voyageaient généralement pas la nuit. Ces relais offraient des repas et de bons services en général. Environ tous les 10 ou 12 miles on retrouvait aussi des stations de relais (relay stations) où les équipes d’attelage, constituées de mules ou de chevaux, pouvaient être changées. Cela permettait d’avoir toujours des bêtes "fraîches". Les chevaux des attelages de diligence étaient spécialement sélectionnés pour leur gabarit et leur force, mais pas nécessairement pour leur rapidité. Les plus gros, et souvent les plus lents, étaient nommés les wheelers (limoniers) et on les installait à l’arrière de l'attelage, juste devant le véhicule. En fait, les wheelers tiraient la diligence et ralentissaient les autres chevaux au besoin. Généralement, ils étaient aussi les chevaux les mieux entraînés de l’attelage. L’équipe du centre était surnommée la swing team et elle était habituellement composée de chevaux légèrement plus petits que les wheelers. L’équipe de tête, quant à elle, était composée des plus petits et, bien souvent, ils n’étaient là que pour donner le rythme. Ceux-ci pouvaient courir vite mais ne pouvaient quand même pas se sauver avec la diligence en raison du poids et des wheelers qui savaient ralentir le pas. Chaque cheval était contrôlé par une simple bride. Les rênes des chevaux de la rangée de gauche se retrouvaient dans la main gauche du conducteur et les rênes de droite dans sa main droite. Par exemple, lorsque l’attelage était composé de six chevaux, le conducteur tenait trois rênes dans chaque main. Bien sûr, il fallait une bonne dextérité et de l’expérience pour conduire correctement un tel attelage, bien qu’on ait vu des attelages plus nombreux. En général, les diligences étaient tirées par des attelages allant de quatre à huit chevaux.  Après la Guerre Civile, le réseau ferroviaire s'étend dans l’Ouest, enlevant ainsi du pouvoir aux diligences. Plusieurs diligences "Concord originales" mises au rancard furent achetées par des studios de cinéma et démolies durant des scènes d’action des premiers films western. La diligence restera toujours un symbole unique étroitement relié au Far-West, au même titre que les saloons, les hors-la-loi et autres phénomènes du genre.

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L'histoire du Pony-Express, fait partie de l'épopée de l'Amérique du nord au temps des pionniers. Le moyen de transport du courrier était un problème à résoudre. Le Pony-Express allait transporter le courrier du Missouri au Pacifique en 8 jours. Le trajet allait de St. Joseph à Missouri, Julesburg, Colorado, Fort Laramie, Wyoming, Salt Lake City, Utah, Carson City, Nevada pour finir à Sacramento (Californie). Ce parcours de 3 200 km était effectué en moins de 8 jours, avant il fallait 25 jours. La navette était assurée par 80 cavaliers (40 pour chaque direction) qui parcouraient en moyenne 16 km en une heure entre les différents postes. Il s'agissait d'avoir une vitesse moyenne élevée, plutôt que de l'endurance. Les cavaliers et les chevaux se relayaient alors régulièrement. Chacun des 80 cavaliers parcourait la distance totale en 40 jours en faisant cinq relais par jour. Chacun des 420 chevaux mettait 7 mois pour parcourir ce trajet. Le courrier, quant à lui, ne mettait que huit jours. Chaque cavalier gagnait 100 dollars par mois. Le prix du courrier, aux débuts du Pony express, était d'environ 5 dollars pour une lettre de 15 grammes. Le service postal a transporté toutes sortes de courrier allant des certificats d'or aux nouvelles relatant les premiers coups de feu de la guerre civile. A cette date, la première ligne télégraphique a été mise en service entre les deux côtes américaines, d'où une communication plus rapide, plus sûre et meilleur marché. Le 24 octobre 1861, les lignes télégraphiques de l’Est et de l’Ouest se développent en suivant la route empruntée par le Pony Express et en 1869, lorsque le tracé du chemin de fer transcontinental a été achevé, le sort des postiers montés a été définitivement scellé sonnant le glas du système après seulement dix-huit mois d’exploitation.


blackbart2.jpgEn 1854, dans l'Illinois, Bowles (qui, pour une raison quelconque, avait changé l'orthographe de son nom de famille de Bolles à "Bowles") a épousé Mary Elizabeth Johnson. Ils ont eu quatre enfants. Après les longues années de guerre (sécession) et une vie tranquille de fermier, un petit appel vers l'aventure s'empara de Bolles. Vers 1867, il repartit prospecter dans l'Idaho et le Montana. On en connaît peu sur sa vie pendant cette période. La dernière lettre que Mary Boles reçu de Charley était de Siver Bow (Montana), en date du 25 août 1871, où il mentionne un incident désagréable avec des employés de la Wells Fargo, qui ont tenté d'acheter sa concession minière. Mais il a refusé qu'il était mieux de garder la mine. Alors ils ont coupé l'approvisionnement de l'eau et il a été forcé d'abandonner la mine. Dans cette lettre, il dit "Je vais prendre des mesures", mais n'a jamais dit quelles mesures. Après cela, elle n'a plus eu de nouvelles de son mari. Marie pensait qu'il était mort. Charley Bolles, comme beaucoup de ses contemporains, lisait des romans à dix cents, des histoires qui paraissaient souvent sous la forme de feuilleton dans les journaux locaux. Dans le début des années 1870, le "Sacramento Union", publiait une nouvelle série appelée "Le cas de Summerfield". Dans l'histoire, le méchant, habillé en noir, avait de longs cheveux noirs désordonnés, une grande barbe et des yeux gris. Il volait les diligences de la "Wells Fargo" en terrorisant les malchanceux qui croisaient sa route. Le nom du personnage était "Black Bart", et Bolles décida d'adopter ce surnom en tant que "Black Bart" pour dévalisé de nombreuses diligences de la société "Wells Fargo" (il a commis 28 vols de Wells Fargo diligences, il n'a jamais tiré un coup de feu ).

CharlesBolles.jpgDans le nord de la Californie entre1875 et 1883, dont un grand nombre sur la route historique de la piste de Siskiyou entre la Californie et l'Oregon. Puis il se mit à laisser des poèmes sur les sites de ses crimes, comme signature. "Black Bart" réussissait très bien ses coups et empochait des milliers de dollars par an. Durant sa dernière attaque en 1883 ,il fut blessé par une balle et fut obligé de s'enfuir. Il laissa derrière lui plusieurs affaires personnelles, dont une paire de lunettes, de la nourriture et un mouchoir avec une marque de blanchisserie. Le dernier braquage eut lieu, ironiquement, sur le site de son premier braquage (Funk Hill), juste dans le sud-est de la ville actuelle de Copperopolis. La diligence traversait le Reynolds Ferry sur l'ancien trajet de Sonora vers Milton. Le conducteur de la diligence s'appelait Reason McConnel. À l'intersection du ferry, il fit monter le fils aîné du propriétaire du ferry, Jimmy Rolleri, âgé de 19 ans. La diligence devait parcourir une route escarpée sur le flanc est de la colline de Funk Hill. Jimmy Rolleri portait un fusil, quand le véhicule atteignit le bas de la colline, Jimmy descendit (il avait l'intention de chasser le long de la crête sud de la colline et de rattraper la diligence côté ouest). Cependant, en arrivant à l'ouest, il constata que la diligence n'y était pas. Il commença alors à remonter la pente sur le chemin qu'aurait dû prendre la diligence. Arrivé près du sommet, il vit le conducteur et l'attelage des chevaux, seuls. Rolleri aperçu à l'approche du sommet, "Black Bart" qui était derrière un rocher avec son fusil de chasse. Il avait fait dételer les chevaux par McConnel, lequel était reparti avec eux sur la crête, côté ouest de la colline, là où Rolleri l'avait rencontré. Black Bart essayait de retirer le coffre de la diligence. La Wells Fargo l'avait vissé sur le plancher à l'intérieur de la diligence (qui n'avait pas de passagers ce jour-là) et "Black Bar"t mit quelque temps à l'enlever. McConnel informa Rolleri qu'un braquage était en cours. Rolleri monta à l'endroit où McConnel et les chevaux se trouvaient. Il vit Black Bart sortant de la diligence avec le coffre. McConnel prit le fusil de Rolleri, tira sur "Black Bart", mais le rata. Le jeune Rolleri reprit alors son fusil et tira une ou deux fois. Charles Bolles vacilla, lâcha les objets qu'il avait pris du coffre et s'enfuit. Il était probablement blessé, mais pas gravement. Le détective de la Wells Fargo, James B. Hume (qui, à ce qu'on dit, ressemblait comme deux gouttes d'eau à Charles Bolles, moustache y compris), trouva plusieurs affaires personnelles sur le lieu de l'attaque, dont un des mouchoirs de "Bart" qui portait une marque de blanchisserie. Les détectives de la Wells Fargo, James Humes et Henry Nicholson Morse, contactèrent toutes les blanchisseries de San Francisco, pour trouver celle qui utilisait cette marque. Après avoir visité presque 90 magasins, ils établirent que la marque provenait de Ferguson & Bigg's California Laundry sur Bush Street. Ils purent ainsi identifier le propriétaire du mouchoir, Charles Bolles, qui vivait dans une modeste pension de famille ((en)boarding house) il se décrivait lui-même comme un "ingénieur des mines" qui avait des "voyages fréquents" qui coïncidaient justement avec les attaques de la Wells Fargo. Après avoir d'abord nié formellement qu'il était "Black Bar", Bolles finit par avouer qu'il était bien l'auteur de quelques attaques de diligences de la Wells Fargo, mais ne reconnut que les braquages commis avant1879. Il est généralement admis que Bolles croyait, à tort, qu'il y aurait prescription, du fait de l'ancienneté des délits. En outre, il prétendait s'appeler T. Z. (Spalding). Cependant, quand la police examina ses affaires, ils trouvèrent une Bible, cadeau de sa femme, où son vrai nom était indiqué. Dans le rapport de police qui suivit son arrestation, il était noté que Charles Bolles était une personne de grande endurance, montrant une vive intelligence dans la plupart des circonstances, et ayant un comportement extrêmement correct et poli (évite les jurons). La Wells Fargo ne porta son accusation que sur le dernier vol. Charles Bolles fut déclaré coupable et condamné à six ans de prison à San Quentin (depuis cent cinquante ans, la prison de San Quentin héberge les condamnés les plus dangereux de Californie), mais son séjour fut raccourci à quatre ans pour bonne conduite. Quand il fut libéré en janvier 1888, sa santé s'était fortement détériorée dû à ces années d'emprisonnement. Il était visiblement âgé, sa vision déclinait et il était devenu sourd d'une oreille. À sa sortie, un essaim de journalistes grouillait autour de lui. Ils lui demandèrent s'il allait continuer à attaquer les diligences. "Non, messieurs", répondit-il en souriant, "j'en ai fini avec le crime." Un autre lui demanda s'il allait écrire d'autres poèmes. Il rit, "Vous ne venez pas de m'entendre dire que j'en avais fini avec le crime?". La fin de "Black Bart" correspond bien avec le romantisme de son époque. Il disparut sans laisser de traces peu après sa libération de prison. La maison où il était en pension à San Francisco fut retrouvée vide en février 1888, et plus personne ne revit le hors-la-loi. Le14 novembre 1888, une diligence de la Wells Fargo fut attaquée par un homme masqué. Le bandit solitaire laissa un couplet qui disait (Je suis venu ici pendant que le vent et la pluie. Faisaient sangloter les arbres. Et j'ai risqué ma vie pour ce fichu coffre. Qui ne valait pas le coup). Le détective Hume fut appelé pour examiner la note. Après comparaison de l'écriture avec celle du vrai "Black Bar"t (Charley Bolles), il déclara que ce braquage était le travail d'un usurpateur. Des rumeurs commencèrent à apparaître, prétendant que la Wells Fargon avait payé le bandit pour l'éloigner et l'empêcher d'attaquer ses diligences, ce que la compagnie nia. Certains croient que Bowles c'est installé à New York City et a vécu tranquillement pendant le reste de sa vie, où il mourut en 1917, mais cela n'a jamais été confirmé.



Écrit par Country francismarie dans L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) |

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