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lundi, 29 février 2016

Existe-t-il un droit à l’oubli pour les criminels.

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Tous les peuples ont dans leur histoire des pages que l’on voudrait voir disparaître pour l’honneur de l’humanité. Quand on relit les tristes annales de ces temps troublés, on assiste à une suite non interrompue d’exécutions et de massacres. Innocentes ou criminelles, les victimes sont confondues dans l’ignominie du supplice, l’échafaud est toujours dressé et le gibet reste en permanence.  

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pendaison1.pngUne pendaison est toujours une "lente agonie", durant laquelle la mort ne survient qu'au bout de longues minutes, parfois plus de dix minutes, et le condamné est secoué de spasmes, ses jambes cherchant désespérément un appui. Appelé "Gigoter au bout de la corde" ou encore "danse des pendus", ce spectacle réjouissait les nombreux spectateurs des pendaisons publiques. La pendaison existe depuis des temps très anciens, les premiers écrits la décrivant se retrouvent dans l’antiquité, ainsi les Egyptiens et les Hébreux utilisaient la pendaison comme un acte judiciaire pour punir les blasphémateurs. Les Romains utilisaient également la pendaison comme acte judiciaire. Dans la religion chrétienne, la première mention de la pendaison est le suicide de Judas Iscariote un disciple de Jésus de Nazareth. La trahison de Judas a toujours été un scandale pour la conscience chrétienne, une énigme que l'on a essayé de déchiffrer, mais qui reste, par bien des côtés, insoluble. Au Moyen- âge, Judas Iscariote apparaît comme la figure du damné. L'acte de pendaison et plus largement le suicide de Judas apparaît le plus souvent comme un juste châtiment qui se poursuit éternellement. Le Moyen-âge fut l’âge d’or et l’apogée de toutes les formes de tortures et de mises à mort. Durant cette période la pendaison était de loin la méthode la plus répandue. Les exécutions publiques attiraient toujours une foule considérable de curieux. exécution.pngLes pendaisons étaient devenues de véritables spectacles populaires ou le bourreau était appelé à mettre en avant son "art" mais également, sa "mise en scène". On pendait surtout les voleurs. Parfois, la mort par bûcher était précédée de la pendaison afin d'éviter trop de douleurs à la victime (pratique dite du retentum). L'échafaud fut surnommé "l’Abbaye de Monte-à-Regret". Cette expression date du XVIIe siècle. Son terme "Regret" qui veut dire probablement de "à regrès" (à reculons), car on faisait monter le condamné à l'envers vers la potence avant de lui passer le noeud de chanvre autour du cou. D'autre part, les condamnés étaient exécutés nus, et l'on voyait le membre viril entrer en érection et éjaculer, pendant que le pubis des femmes gonflait et bleuissait par accumulation de sang. Le signe de la Croix viendrait de cet état des suppliciés. Les muscles se décontractaient et la vessie ainsi que l'intestin pouvaient se vider. Lors de la montée du puritanisme, en certains lieux il fut décidé d'émasculer les condamnés et de faire porter une jupe aux condamnées. Ainsi, au Moyen-âge et bien après, on condamna à la pendaisons des vaches ou des truies, qui se voyait reprocher un délit, un crime ou un dommage comme il l'aurait été à un être humain. Les sentences de plusieurs procès l’attestent, ils ont existé en France, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne, au Portugal et même en Amérique. La procédure pratiquée contre les animaux (considérés comme des êtres créés par Dieu), ainsi que le châtiment qu’on leur faisait subir étaient sensiblement les mêmes que ceux employés à l’égard de l’homme. L'exécution de ces arrêts se faisait publiquement et avec la même solennité que pour les criminels.

la pendaison de.jpgLors de la "Conquête de l'Ouest" aux États-Unis, on pendait énormément de gens, surtout les voleurs, les tricheurs aux jeux, et autres hors-la-loi. Par exemple, un cheval qu'on lançait au galop (utilisées lors des lynchages des hors-la-loi), une chaise que l'on faisait tomber (utilisées lors des lynchages des hors-la-loi). L'autre méthode, qui était surtout utilisée lors des lynchages aux Etats-Unis, consiste au contraire à hisser le condamné en tirant sur la corde. Il s'agit d'ailleurs plus d'un étranglement que d'une pendaison. Là encore, l'agonie est longue et douloureuse. Enfin, le "long drop" dont la potence était surélevée et comportait une trappe à deux battants. Les bras liés dans le dos, le condamné était placé juste au-dessus de la jonction entre les deux panneaux articulés de la trappe. On lui ligotait ensuite les pieds et on lui mettait une cagoule sur la tête. On lui passait la corde au cou de façon à ce que le noeud se trouve sur le côté gauche de la mâchoire inférieure (afin d'assurer la rupture des cervicales lors de la chute). L'autre extrémité de la corde était enroulée en spirale autour de la potence. Enfin, le bourreau actionnait un levier qui ouvrait la trappe sous les pieds du condamné. Au fur et à mesure de la chute du corps, la corde se déroulait (la longueur de la corde devait être proportionnelle au poids et à la taille). Au moment où la corde se tend, la force de la chute brise les cervicales du malheureux qui meurt instantanément.

Le juge Isaac Parker.jpgamérique.jpgDans les années 1800, la pendaison était la seule méthode d'exécution utilisée par le tribunal fédéral à Fort Smith. Le juge Isaac Parker qui était connu pour être impartiale et qui à son époque à été le record-man des pendaisons durant son règne pour la zone occidentale de l'Arkansas. En raison de sa loyauté au parti républicain pendant ses quatre ans dans le Congrès. En 1875, Isaac Parker, a été nommé comme juge en chef de la Cour suprême du Territoire d'Utah par le président Grant. Sa première tâche était de rétablir la réputation de la cour suite au bail corrompu de son prédécesseur, et est décidé de faire appliquer pleinement la loi dans un territoire de non-droit comprenant des réserves indiennes (le futur Oklahoma). S'ouvre fin août le procès de dix-huit meurtriers, le jury en déclare quinze coupables et condamne huit d'entre eux à être pendus haut et court (l'un des assassins s'évade, et est abattu), un autre est commuée à la prison à vie en raison de son jeune âge. Puis il y a trois Blancs, Evans, James Moore et John Whittington. Deux Cherokees, Smoker Mankiller et Samuel Fooy. Un Noir, Edmond Campbell (le 3 septembre 1875, ils sont pendus à Fort Smith). Pendant ces années, le juge a commencé à jouer un rôle actif dans la communauté de "Forgeron de Fort", en faisant régner la loi dans l'Ouest. Le juge Parker, souvent critiqué pour sa rigidité, sympathisait avec les victimes et leurs familles, mais pas avec les criminels qui sont transférés à Fort Smith pour y être pendu (six pendus à la fois). Le juge Parker surnommé le "Hanging Judge" (pendaison du Juge), pour son bilan durant sa magistrature fédérale a jugé sur 21 ans, 13.490 cas. Dans les 9.454 condamnations, il y a eut 160 condamnés par pendaison (156 hommes et 4 femmes), 79 ont été pendus, les 81 autres condamnations sont mort pendant leurs incarcérations, ou ont été graciés. Le "Hanging Judge" est un homme sévère mais juste, qui s’investit beaucoup dans son travail, il siège six jours sur sept, jusqu'à dix heures d'affilée (il n'expédie pas les dossiers au plus vite, mais s'instruit avec impartialité). Son bilan est impressionnant, Parker n'est pas pour la peine de mort, il la prononce uniquement pour faire reculer le crime dans cette contrée où la loi est pratiquement oubliée. A une journaliste, il déclare. "Ce n'est pas la sévérité de la peine mais plutôt la certitude de la punition qui fait reculer le crime". Et quand on l'accusera d'avoir pendu plus de personnes que quiconque, il répond  "Je n'ai jamais pendu un homme, c'est la loi qui l'a pendu". Moi je ne suis que l'instrument". Sa réputation de juge (il était pour l’abolition de cette peine de mort) ne l'empêche pas de participer pleinement à la vie communautaire de Fort Smith. Il siège au bureau de l'école et de l'hôpital. Après 21 ans, il abandonne son poste de juge. Quelques semaines plus tard il meurt de coliques néphrétiques (obstruction des voies urinaires).

les assassins.JPGLes exécutions était généralement programmée le vendredi après-midi. Présent à chaque exécution les fonctionnaires de la cour, des médecins, et des ministres. Après un court service religieux, les condamnés avaient l'occasion de parler. Puis, les bras et les jambes de chaque homme lié, le noeud ajusté, un capuchon noir placé au-dessus de leur tête,  la trappe était alors ouverte. George Maledon (1830-1911), connu comme "le prince des bourreaux", a servi de bourreau à plus de la moitié des condamnations de Fort Smith. Les exécutions à Fort Smith ont été ouvertes au public de 1873 à 1876, au cours de ces années, des foules allant jusqu'à deux à sept mille personnes étaient présentes pour certaines exécutions. En 1878, une clôture (enceinte) a été construite autour de la potence pour limiter le nombre de spectateurs.

Pays appliquant la peine de mort.jpgPays appliquant la peine de mort (Etat-Unis (Texas, Alabama, Arizona, Caroline du Sud), Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Autorité palestinienne, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Belize, Biélorussie, Botswana, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Egypte, Émirats arabes unis, Ethiopie, Gambie, Guatemala, Guinée, Guinée équatoriale, Guyana, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Malaisie, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, République démocratique du Congo, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Taïwan, Tchad, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Vietnam, Yémen, Zimbabwe).
Pays respectant un moratoire sur les exécutions (Algérie, Bénin, Birmanie, Brunei, Burkina Faso, Cameroun, Congo (Brazzaville), Corée du Sud, Érythrée, Ghana, Grenade, Kenya, Laos, Liberia, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Mauritanie, Mongolie, Nauru, Niger, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, Russie, Sierra Leone, Sri Lanka, Suriname, Swaziland, Tadjikistan, Tanzanie, Tonga, Tunisie, Zambie).
Pays l’ayant aboli pour les crimes de droit commun (Brésil, Chili, Israël, Kazakhstan, Pérou, Salvador).

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euthanasie.jpgDifficile de trouver des gens ou des organismes qui se revendiquent ouvertement pour la peine de mort. Là où les abolitionnistes clament haut et fort leur point de vue, ceux qui sont favorables à la condamnation à mort se font plus discrets. Cependant, les arguments des défenseurs de la peine de mort sont multiples. (La peine de mort a un effet dissuasif. Elle assure la sécurité de la population. Aucune récidive n'est possible. Pour les familles des victimes, il est plus rassurant).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_tueurs_en_s%C3%A9rie#Canada   .

 

 Euthanize-.jpgIl s’agit de préserver le reste de la société, de faire des économies, et de permettre aux individus d’être soulagés de leur propre fardeau de dégénérescence (perdre les qualités de sa race). Rien de bien nouveau depuis César et la Guerre des Gaules en matière de propagande, mais a-t-il vraiment changé de visage, Baal (dieu phénicien) auquel on offre des sacrifices d’enfants est-il si différent de Mammôn (mot araméen désignant richesse, argent) ou du Veau d’Or (symbole de l’idolatrie), qui impose ses règles de rentabilité ? Le procédé est bien connu de nos politiciens. Faut-il gommer l’euthanasie pratiquée par les Nazis pour ne pas troubler la bonne conscience de ceux de nos contemporains qui veulent soulager les souffrances en légalisant "une mort douce ou miséricordieuse", mis en exergue pour susciter l’émotion, la pitié et finalement l’assentiment de l’opinion publique. Une des caractéristiques du régime nazi est de préparer les esprits à l’eugénisme et à l’élimination des individus par des arguments compassionnels, notamment grâce au cinéma. Entre1935 et 1937, l’Office politique et racial national socialiste produit cinq films muets comportant "des scènes propres à horrifier le public allemand et à le convaincre de la nécessité d’éliminer la lie de la société pour le bien de la population tout entière". Réalisé en 1936, Erbkrank (maladie héréditaire) est tellement apprécié par Hitler qu’il en commande une suite avec une bande son, Opferder Vergangenheit (Victime du passé), diffusée en 1937 dans tous les cinémas allemands. Deux films pro-euthanasie sont symboliques de cette "compassion" mise en avant par le régime nazi. Leben Ohne Hoffnung (Une vie sans espoir), sorti en 1939, s’achève sur ces mots. "N’est-ce pas l’exigence de la charité qui délivre ceux que tu ne peux guérir!". Mais le plus abouti est "Ich klage an" (J’accuse). Réalisé en 1941, il met en scène une mère de famille allemande, Hanna Heyt, atteinte de la sclérose en plaques. Elle affirme clairement qu’elle ne veut pas passer ses derniers jours dans un état végétatif. Thomas, son mari, en accord avec son médecin, lui administre une dose mortelle. Poursuivi en justice, il accuse la loi de ne pas avoir pu secourir sa femme dans ses souffrances. La défense conclut que la loi doit être modifiée afin de permettre le meurtre par compassion lorsque des motifs humanitaires le justifient. Le rapport fait par la Sicherheitsdiens (Sécurité SS ou SD) indiquent que le film a été favorablement reçu par la majorité des nazis, aussi bien que la plupart des médecins, en acceptant ces meurtres volontaires. En 1946, lors des procès de Nuremberg, les médecins qui pratiquaient l’euthanasie des personnes handicapées ont été condamnés. Ces condamnations ont fondé l’éthique médicale contemporaine. En ce sens, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), avait clairement confirmé l’interdit éthique de mettre fin à la vie d’un patient. La politique d’euthanasie à grande échelle menée par les nazis en Allemagne s’appuie sur l’idéologie eugéniste (à améliorer l'espèce humaine), visant à l’assainissement de la population. Elle se distingue néanmoins de ce terreau initial en convoquant des arguments économiques et, surtout, compassionnels. Aujourd'hui, la course à l’élimination des personnes en souffrance se poursuit de la même manière, ce qui nous rapproche sur une légalisation plus moderne de la "mort par compassion". Cet effet moutonnier tente de persuader la société d'adopter une idée en insinuant que "l'aide à mourir" (euthanasié) est déjà appliquée ailleurs pour cette idée "d'assassin". Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité, cette technique permet de préparer l'auditoire en refusant de garantir le droit à la vie et aux soins. 


images.jpgLa vie doit être accueillie comme un don. Nous la recevons de nos parents et, au-delà de nos parents, nous la recevons de Dieu lui-même. De quel droit et selon quels critères pouvons-nous juger à la place du malade (je ne parle pas des assassins). Nous ne disposons d'aucun critère qui nous permette de quantifier la valeur de la vie humaine, ni la mienne, ni celle d'autrui. Ainsi, face à quelqu'un qui me fait part de sa décision de se suicider, je puis adopter deux attitudes très différentes. "Ou bien je me rends chez le marchand de cordes pour lui acheter une corde et l'aider à se pendre, ou bien, de manière plus humaine, je m'approche de lui, je discute avec lui et j'essaie de lui faire comprendre qu'il a encore de la valeur aux yeux de certains, quelles que soient les difficultés dans lesquelles il se trouve et qu'on est disposé à porter avec lui".

 

 

Écrit par Country francismarie dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

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