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vendredi, 11 septembre 2015

Le mythe dans l'Ouest américain.

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 Le Mayflower (Fleur de mai) embarque à Plymouth pour l'Amérique une centaine de passagers. Ce bateau transportait les immigrants anglo-hollandais qui devaient fonder la colonie de Plymouth en Nouvelle-Angleterre. Ces nouveaux arrivants étaient pour la plupart des puritains anglais qui s’étaient expatriés en Hollande dix années plus tôt en raison de l’intolérance du roi d'Angleterre. Il s’agissait pour la plupart d’artisans et petits paysans. La traversée fut mouvementée. Ils affrontèrent de violentes et nombreuses tempêtes et le capitaine perdit si bien son chemin qu’ils abordèrent une côte américaine inconnue d’eux, celle du Massachusetts, sur laquelle ils ne possédaient ni droits ni concessions. Avant de débarquer tous les hommes tinrent conseil. Ils étaient 41, ce sont eux que l’on nommera plus tard les "Pères Pèlerins" (Pilgrim Fathers). Ils signèrent un pacte, le fameux "Mayflower Compact" dans lequel ils juraient de ne jamais se séparer et d’obéir à certaines règles qui seraient instituées d’un commun accord. Les pèlerins du "Mayflower" sont considérés comme les premiers colons fondateurs des futurs Etats-Unis d'Amérique. Une dizaine de présidents américains sont des descendants des passagers du Mayflower, dont des ancêtres sont partis de Leyde (Hollande). Un peuple sans racines lointaines a besoin se se forger une légende, de raconter l'histoire de son installation dans des terres nouvelles. A partir de la côte Atlantique, le western met en scène la marche des pionniers qui ont, peu à peu, occupé le territoire nord-américain. De ce combat contre la nature et contre ses premiers occupants (Amérindiens) va naître une interprétation idéalisée de la réalité (sous l'objectif des caméras). Les conquérants d'un nouveau monde deviennent les acteurs et en l'espace d'une génération, la matière historique s'est transformée en matière épique avec les souvenirs (déjà déformé) par la littérature populaire de la fin du 19è siècle, que va conférer l'écran à l'aventure des cow-boys, des bâtisseurs de villes, des traceurs de routes, des poseurs de rails...Ainsi, le western raconte indéfiniment la mise en place de la civilisation américaine et affirme la grandeur de l'américanisation.La mythologie de l'Ouest.jpg La mythologie de l'Ouest a commencé à apparaître avec les spectacles de chanteurs et la musique populaire des années 1840, cependant, l'intérêt du public décolle surtout quand les romans à quatre sous apparaissent en 1859, en simplifiant ou en exagérant la réalité, les romans captivent l'attention du public avec des histoires sensationnelles mettant en scène la violence et l'héroïsme et fixe ainsi dans les esprits des stéréotypes (le cow-boy courageux, l'Indien sauvage, l'homme de loi vertueux, le hors-la-loi impitoyable, le brave colon, et l'éleveur prédateur). Des milliers de titres sont édités et des millions d'exemplaires vendus, popularisant des figures comme Buffalo Bill ou Calamity Jane. En 1932, Laura Ingalls, publie un récit autobiographique (la petite maison dans la prairie), dans lequel elle raconte le mode de vie, le quotidien et les difficultés d'une famille de pionniers dans la deuxième moitié du 19è siècle. Le western a été inventé presque en même temps que le cinéma, le premier film (Le vol du grand rapide) de vingt minutes et considéré comme tel, montre l'attaque d'un train par des bandits à cheval (1903).

western.jpgLe western (film de l'Ouest), retrace un épisode symbolique de la naissance de la nation. La rude conquête de l'Ouest, la sanglante guerre de sécession et les guerres indiennes qui se sont déroulées témoignent de la douleur à la construction du pays. Très vite, le western prendra ses libertés vis-à-vis de la réalité, avec le cinéma qui a largement mythifié des éléments comme le cow-boy, qui était au départ un simple vacher, ce personnage fut transformé en héros vertueux aux qualités irréprochables, il a aussi construit une légende autour de figures telles que Billy the Kid, Jesse James et s'est inspiré de faits comme la "fusillade d'Ok Corral" qui fut mise en scène dans de nombreux films. Outre les romans de quatre sous, plusieurs écrivains américains de renom situent leurs récits d'aventures dans le "Wild West", avant même la fin de la conquête de l'Ouest, avec l'invention de la presse rotative à vapeur en 1840, on augmente massivement le tirage et la diffusion des livres et magazines, qui connaissent un grand succès parallèle à celui des westerns qui commencent à fleurir au cinéma, ainsi que le développement de la littérature populaire à partir des années 1860, qui sont déterminant dans la diffusion de la mythologie de  l'Ouest. C'est en 1932, que Laura Ingalls, publie un récit autobiographique  avec "La petite maison dans les grands bois" dans lequel elle raconte le mode de vie, ainsi que le quotidien, les difficultés d'une famille de pionniers. Cette histoire sera diffusée avec la télévision en 1974, sous le nom de "la petite maison dans la prairie" (205 épisodes créé par Michael Landon). Ce genre atteint une immense popularité, et bien au-delà des Etats-Unis grâce à des situations et des personnages universels.




pale rider 1985.jpgIl y a trois genres majeurs de western qui sont distingués (le western classique - le western spaghetti - le western crépusculaire). Le western classique (année 1930 à 1950), qui met en scène des héros vertueux, joués par exemple par des acteurs comme Gary Cooper et John Wayme, des personnages stéréotypés où les Indiens sont dans le rôle des méchants. Le western spaghetti, qui renouvelle le genre en Italie avec une audace visuelle, des situations plus violentes et des personnages plus cyniques mais aussi plus réalistes. Les western spaghetti s'illustrent aussi par un genre particulier de musiques, qui détonent beaucoup au regard de celles du western classique. Le western crépusculaire (année 1960), dans lequel les personnages principaux sont des antihéros, la violence et le réalisme davantage exacerbés, et le sort tragique des Amérindiens réhabilité où les Indiens sont représentés comme des victimes de la colonisation et comme un peuple dont la culture et le lien à la nature méritent le respect (les Cheyennes, 1964 - Little Big Man, 1970 - Jeremiah Johnson, 1972). Le western s'essouffle puis disparaît des écrans aux Etats-Unis après Silverado et Dances With Wolves (Danse avec les loups). Le secret de "Brokeback Moutain", montrent que si le western a perdu tout sens comme mythe d'origine, sa forme continue de séduire.

 

montana mine..jpgL’histoire de l’or est intimement liée à celle de l’humanité. Vénéré et convoité par tous, il déclencha les passions les plus folles. L’or se distingua d’abord par son éclat vif et sa couleur naturelle. Ces deux particularités l’assimilaient au soleil, "Astre-Dieu" par excellence (Râ). L’épopée de l’or a véritablement débuté avec les premières expéditions de Christophe Colomb. C’était évidemment la promesse des richesses qui motivaient ces conquérants. Toutefois, il faudra attendre l’arrivée des Conquistadors pour obtenir les résultats escomptés. Ils seront les tristes acteurs de massacres et de vols pour dérober l’or le plus facilement accessible (parures, bijoux, offrandes…). L’augmentation de la production de l’or et l’évolution de la pensée humaine le démythifia peu à peu, passant de l’état de "Dieu" au symbole plus modeste de la divinité. L’or devint alors une matière d’échange et de commerce très prisée, devenant le signe de pouvoir et de puissance, n’ayant plus rien à voir avec le divin. L’utilisation de l’or en tant que monnaie a modifié la vision des hommes en une redoutable cupidité. Motivée par le désir de Washington d'étendre sa souveraineté sur toute l'Amérique du nord au nom de la "Destinée manifeste" des États-Unis, la guerre avec le Mexique permet à ceux-ci d'annexer (le 2 février 1848) d'immenses territoires presque vides et très prometteurs, de la Californie au Nouveau-Mexique (Texas, Californie, territoires de l’Utah, du Nevada, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, soit le tiers de sa superficie). Le 15 mars 1848, la découverte d’or dans la rivière Sacramento se dévoila en un gisement exceptionnel (la fièvre se répandit dans le monde entier). Plus de quatre millions de pionniers arrivèrent d’Europe (quarante neuvards "Fourty Niners"). Plus de 700 tonnes d’or furent extraites en une dizaine d’années seulement, au prix de nombreuses vies humaines. La découverte de ces mines en entraîna d’autres, jusqu’au nord du Canada et en Alaska. Les premières mines d’or sont ouvertes à Sutter’s Mill (une scierie au bord de l’American River en Californie). Au fur et à mesure de la découverte des filons, les villes poussent comme des champignons (commerces, Eglises, hôtels, saloons, bureau de poste, épiceries, prison ), avant de disparaître aussi vite. Dans l'Ouest américain, les villes fantômes sont partout, surtout en Californie,au Colorado et au Nouveau-Mexique. Aujourd'hui, ces villes fantômes, habitées tout au plus une centaine d'années, sont les vestiges désertés, souvent sinistres, du passé du Far West, tumultueux et plein d'espoir, qui attire encore quelques aventuriers fasciné par le théâtre légendaire de la grande ruée vers l'or. Tables de jeu couvertes de poussière, magasins délabrés ou carcasses de voitures rouillées, une enseigne à demi bringuebalante qui résiste sur la façade d'une maison en ruine. Ainsi imagine t-on une ville fantôme dont certaines avaient parfois mauvaise réputation. C'était la période dorée des villes du Far West de légende, avec leur lot de personnages patibulaires, de meurtres, de bagarres, et de fortunes vite faite. La raison du déclin de ces villes fantômes fut la même pour toutes, l'épuisement des ressources minières et la fermeture progressive des exploitations. Certaines ne fonctionnèrent qu'un à deux ans, d'autres plus longtemps, mais la fin fut la même, et la fermeture des exploitations (raison de ces villes), signifiait la fin de la seule source de travail. Les habitants délaissèrent petit à petit ces entités pour trouver du travail ailleurs, et c'est ainsi que ces entités devinrent des villes-fantômes. Hollywood a souvent magnifié la conquête de l'Ouest, confondant légende et réalité avec ses cow boys, ses chercheurs d'or, ses hors-la-loi (Jessie James, la bande Youger, Butch Cassidy, Billy the Kidd, Sam Bass, les frères Dalton, John Wesley Hardin).

 

 

 


 

 

Écrit par Country francismarie dans L'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) |

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