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samedi, 16 avril 2016

L'Amérique des Européens.

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chariot stuba.jpgAu début des années 1860, l'immigration croissante et l’urbanisation des États-Unis conduisent au développement du marché de la viande bovine, surtout sur la côte Est. De plus, les habitudes alimentaires changent, et la consommation de bœuf remplace peu à peu celle de porc, considérée comme un plat de pauvres. Le bétail de l’Est ne suffit plus à approvisionner les grands centres où la viande pourrait trouver des débouchés, et les grands abattoirs de l’Est (Cincinnati, Chicago) qui ont besoin de matières premières. Or le Texas peut répondre à cette demande, mais l’acheminement des bêtes reste problématique (2500 kilomètres séparaient le Texas de la Californie). La période qui s'écoule de la défaite mexicaine (1848) à la fermeture de la Frontière marque l'apogée du mode de vie des cow-boys. On nommait "Vaqueros" le premier cow-boy. Ce mot fut inventé par les Irlandais, qui l’apportèrent avec eux lors de leur arrivée en Amérique du Nord (avant cela, ils étaient appelés cow-boys, les voleurs de bétail). Le mot cow-boy est rarement utilisé parmi les vachers, ils se désignent entre eux par les termes de "cow-hand, cow-poke, waddy, cow-man, Cow-puncher". Avant d’emmener les bêtes vers les grands centres de tri (Cincinnati ou Chicago), il faut d’abord les regrouper, les trier puis marquer les jeunes chevaux. Le cow-boy utilise alors son lasso pour attraper les animaux selon les techniques héritées des vaqueros. Cette étape, appelé round-up, dure plusieurs semaines, car il faut rassembler plusieurs milliers de bêtes sur un territoire très étendu. La conduite du troupeau dure entre 5 et 13 semaines selon la route empruntée et les imprévus (de San Antonio à Abilène, il fallait en moyenne 90 jours, du Texas au Wyoming près de six mois). Une fois le round-up terminé, c’est le départ. Il faut souvent quelques jours pour que les animaux démarrent, le temps qu’ils s’habituent à leurs meneurs. Il va falloir faire avancer une masse mouvante et imprévisible composée d’environ 3000 bêtes, qui s’étire sur des kilomètres de long et souvent quelques centaines de mètres de large, le tout pas trop vite pour ne pas les fatiguer, mais pas trop lentement non plus pour éviter leur dispersion. Sur les côtés, les flancs-gardes et à l’arrière les "drag-riders" sont chargés de ramener les égarés. La distance parcourue varie de 20 à 40 km par jour. Le chemin est guidé par les points d’eau où l’on peut s’arrêter pour faire paître le troupeau. Pendant la journée, "deux pointeurs", souvent les cow-boys les plus expérimentés mènent le troupeau et trouvent le chemin (éviter les autres troupeaux, les villes et toutes autres choses). La plus grande crainte des cowpulchers avait un nom "Stampede". Il pouvait suffire d’un rien pour que le troupeau, apparemment calme, se mette à fuir dans un mouvement irrépressible. La cause pouvait être la simple flamme d’une allumette, la toux d’un cavalier, le hurlement d'un coyote. La nuit, alors que le troupeau dormait et que, seuls, un ou deux hommes le surveillaient en chantonnant, un éclair déchirait parfois le ciel, ou un feu de Saint-Elme courait soudain sur les cornes. Aussitôt, les bêtes étaient debout et fonçaient droit devant elles (selon l’expression de l’époque "passer d’un enfer à l’autre"). Commençait alors une course poursuite effrénée. Il s’agissait d’abord, pour les hommes, de retrouver le troupeau dans la nuit, de le rattraper, de se porter à sa tête, sur ses flancs, bref, de l’encadrer au galop comme on le faisait au pas pour la progression normale sur la piste. Puis le Cowboss (contremaitre) se mettait à presser par le côté les animaux de tête, au point d’incurver peu à peu leur course, d’arrondir leur fuite en avant, jusqu’à ce que se forme un cercle, les animaux de tête se retrouvant sans l’avoir voulu sur les flancs des animaux de queue. Alors, le mouvement s’annulait de lui-même. Evidemment, cette reprise en mains ne se faisait pas toujours aussi aisément. Il arrivait que, seule, une partie du troupeau s’échappât, poursuivie par un seul cavalier. Il fallait alors à cet unique poursuivant plus de temps, plus de distance pour venir à bout du "stampede" et lorsque enfin, par une nuit sans lune, il réussissait à contenir les bêtes, il était incapable de savoir où il se trouvait et où était resté le gros du troupeau. Certains cowpulchers ont ainsi été retrouvés après plusieurs jours d’errance, anéantis de faim, de soif et de fatigue. La traversée des cours d’eau (Rivière Rouge, Arkansas, Cimarron, Brazos, Platte) représentait un autre danger. On restait parfois plusieurs jours sur la berge, avec le troupeau, en attendant que la crue s’atténue. Et lorsque, finalement, on se décidait à traverser, les cavaliers opéraient, par petits groupes d’une cinquantaine de têtes chacun. Un premier cavalier, après avoir desserré les sangles de son cheval pour lui permettre de mieux se gonfler d’air pour nager, prenait la tête du troupeau, tandis que les autres se mettaient à l’eau en aval du bétail, pour empêcher les animaux de se laisser dériver.

 

Chuckwagon-Charles-Goodnight-en-1866.jpgAprès la guerre de Sécession, lorsque les éleveurs du Texas se décidèrent à vendre leur bétail à des centaines de miles de chez eux et ce, avant l’apparition du train, se posa le problème de l’intendance pour les cow-boys qui allaient convoyer les troupeaux pendant de longs mois sur les pistes poussiéreuses conduisant vers les villes à bétail du Kansas. Les Cowboys étaient alimentés sur place en suivant l'avancement du troupeau, ce qui signifie qu'ils fallaient nourrir les employés (les Cowboys) sur des sentiers isolés pendant des mois. En 1866, un certain Charles Goodnight, propriétaire d'un ranch eut l'idée de modifier un chariot de transport "Studebaker" des surplus militaire en cuisine portative, une solution durable, en fonction des besoins des Cow-boys pour qu'ils puissent conduire le bétail du Texas sans quitter le troupeau. Ils étaient alimentés sur place en suivant l'avancement du troupeau. Au menu du Chuckwagon (qui signifie "Bouchée"), on servait généralement des aliments faciles à préserver, comme des haricots et des viandes salées, du café et du pain basique. La viande qu'ils mangeaient était cuite dans la graisse de lard avec du porc salé, ou avec de la viande bovine, habituellement séchée, ou salée, ou fumée. Les "Cookies" creusaient un trou dans le sol près du chuck wagon et faisaient cuire la viande complètement. Elle est servie avec des fèves rouges appelées "Buckaroo Beans" (fèves du vacher). Le chariot était équipé d'un baril d'eau et du bois pour allumer et cuire les aliments. Le cuisinier (le Cook) responsable de la cuisine du chariot, était à la fois cuisinier, coiffeur, dentiste, et banquier. Pour les employés du ranch, il était le deuxième en autorité après le propriétaire. Dans les années 1890, la transhumance tombe en désuétude, rendant inutiles les "cavaliers de la plaine". Ceux-ci se sédentarisent, et redeviennent de simples garçons d’écurie réduits à l’entretien du troupeau, à l’image des vaqueros, leurs prédécesseurs. Il faut aussi cultiver la terre pour obtenir du fourrage (le cow-boy ayant disparu, son mythe va pouvoir s’installer...). Bien sûr, il existe toujours un personnel pour garder les troupeaux dans les ranchs, qui conserve parfois le cheval, les vêtements et certains accessoires issus du cow-boy. Cependant, ce sont des employés sédentaires qui n’ont finalement que peu de choses en commun avec les hommes qui arpentaient la piste sur des milliers de kilomètres. De nombreux américains continuent à s’identifier aux cow-boys, et que ce nom est encore utilisé pour ceux qui participent aux "rodéos". La légende a souvent tendance à oublier certains traits pourtant majeurs de la réalité. Si, dans l’imaginaire collectif, le cow-boy est l’Américain "pure souche", Wasp parfait, homme libre et droit, la vérité est souvent bien différente. On a beaucoup oublié que, derrière la liberté que l’on associe toujours inévitablement au cow-boy, celui-ci a un statut subalterne peu enviable, avec des revenus des plus dérisoires (1$ par jour). Un groupe méprisé et exploité par les propriétaires de ranchs. Peu payés et sans possibilité d'accès au crédit et vivent dans une certaine précarité en dehors des périodes de transhumance. Tous les Blancs n’acceptent pas de prendre de tels risques pour un emploi qui se résume à être celui d'un simple ouvrier agricole aux activités dangereuses. Alors, et contrairement à toutes les idées reçues colportées par le mythe, ce sont parfois des Noirs (15% des effectifs) libérés de l'esclavage, des Mexicains ou des métis (15%) qui composent une partie des 35.000 à 40.000 cow-boys qui empruntent la piste du bétail (Cattle Trail) entre 1865 et 1890.

 

RockingTChuckwagon1.jpgchuckwagon6.jpgLa fin des pistes n’entraina pas celle du chuckwagon. Les cowboys chargés des tâches du ranch, s’ils partaient seuls pour réparer les clôtures ou rechercher les bêtes malades, aimaient en revanche se retrouver en groupe autour du chuckwagon lors de travaux saisonniers tels que la ferrade (marqué au fer). De plus, la conception quasiment inusable de ces carrioles fit qu’elles subsistèrent parmi les véhicules rangés à l’abri dans le ranch, servant à transporter les piquets de clôtures, les pioches, les haches et les fers à marquer. Le chuckwagon artisanal fut bientôt copié et fabriqué par de véritables industriels, parmi lesquels la firme Studebaker, qui vendit pendant de nombreuses années des centaines de chuckwagons pour un prix allant de 60 à 120 dollars. Cette firme fût fondée par des descendants d'immigrants néerlandais nommés Peter Studebecker, connue plus tard sous le nom américanisé de Studebaker. Ceux-ci se sont installés dans l'Indiana (Etat du Midwest) en 1852. Etant forgeron ils commencent par fournir diverses pièces métalliques pour des chariots, réparer les essieux et de ferrer les chevaux, puis construisent des chariots complets, le "Conestoga Wagon" que l'on peut voir dans beaucoup de films western, ce qui a permis à une grande partie de la population de migrer vers l'Ouest et le Sud-Ouest. C'était un chariot à grandes roues particulièrement solides avec la possibilité de charger plusieurs tonnes. Evidemment il fallait quatre chevaux ou plus régulièrement six, voire huit, pour tirer l'ensemble. Dès1895, la compagnie prend la direction de l'automobile, optant au départ pour l'utilisation de l'électricité plutôt que celle du pétrole comme source d'énergie. Toutefois, elle diversifiera sa production pour produire des véhicules utilisant de l'essence en 1904. rsz_chucks_05.jpgA la fin du XIXè siècle, dans un lieu nommé Leavings, les cowboys regroupaient les troupeaux destinés à la province de l’Alberta (Canada). Lorsque le roundup (rassemblement) était terminé, les cowboys faisaient la course jusqu’à Fort MacLeod (1874), à une trentaine de kilomètres de là. Pour ces inconditionnels de la nostalgie, les courses de chuckwagons sont d’abord et surtout une survivance du passé. Les cuisiniers venus avec les différents troupeaux étaient de la partie, debout sur le siège de leur chuckwagon et, outre la fierté qu’il y avait à arriver le premier devant l’unique bar de Fort McLeod, le gagnant empochait une petite somme, constituée par la mise des autres participants. En 1923, fut donné le départ de la première course de chuckwagon. Les participants devaient s’aligner avec un chuckwagon complètement équipé, comprenant le fourneau, la bâche, la barrique d’eau et les fers à marquer. L'équipe est formée du driver installé sur le siège de son chuckwagon et de trois cavaliers, les "outriders", qui vont, pendant la course, lui servir de guides, d’aides, de suiveurs, de rabatteurs, d’escorteurs et de protecteurs. Le chariot devait être tiré par quatre chevaux et escorté par quatre cavaliers.Lorsque les chariots, après leur tour de piste, s’étaient enfin immobilisés, les "outriders" devaient en effet reconstruire la tente et, après avoir déposé le fourneau sur le sol, ils devaient encore allumer le feu. L’équipe gagnante était celle dont le fourneau produisait, le premier, de la fumée. Peu à peu se développa ainsi un authentique professionnalisme parmi les concurrents. C’est ainsi qu’en 1947, les chuckwagonmen décidèrent d’entrer dans la "Cowboy’s Protective Association", qui fut chargée de négocier en leur nom les contrats avec les organisateurs et les sponsors. Aujourd’hui encore, les cowboys travaillant dans les ranches et ceux qui participent aux rodéos savent qu’il n’existe qu’une bonne manière de se vêtir et de s’équiper, basée sur l’expérience, la qualité et la tradition (la selle, le lasso, les éperons, le chapeau, les bottes, le jean, les chaps, la chemise, le foulard). Dangereuses pour les hommes, les courses le sont aussi pour les chevaux. Il ne se passe pratiquement pas d’année sans qu’un ou plusieurs chevaux soient accidentés et doivent être abattus. Il n’y a rien à cela de vraiment surprenant, la vitesse atteinte par les équipages, le poids des animaux et du matériel, l’extrême proximité des chariots concurrents font que la moindre fausse manoeuvre, le moindre écart peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Beaucoup de chevaux meurent d'insuffisance cardiaque ou subissent un AVC, tandis que de nombreux autres souffrent de blessures graves, et sont instantanément euthanasiés. Malgré les tentatives récentes pour améliorer la sécurité, il est clair que rien ne peut être fait pour assurer que les chevaux ne continueront pas à être blessé ou tué (juste pour le divertissent et le plaisir).Aujourd’hui encore, les cowboys travaillant dans les ranches et ceux qui participent aux rodéos savent qu’il n’existe qu’une bonne manière de se vêtir et de s’équiper, basée sur l’expérience, la qualité et la tradition (la selle, le lasso, les éperons, le chapeau, les bottes, le jean, les chaps, la chemise, le foulard).

cow-pony.jpgLe cheval du cow-boy, le "cow-pony", n'était pas grand (rarement plus d’un mètre cinquante), mais particulièrement agile et résistant. Petit, tout en os, l’encolure sans beauté, le ventre barriqué, les hanches saillantes et la croupe avalée. Mais un mustang n’a que faire de la beauté et il pouvait rendre des points à tous les pur-sangs du monde quand il s’agissait de courir après les vaches en tous terrains. Il tournait sur place et vite, il pouvait travailler de longues journées, se passant d’orge ou d’avoine, se contentant d’un peu d’eau et des plantes sèches des déserts. Son endurance est proverbiale, et plus d’un mustang distança les chevaux de la cavalerie, nourris au grain, durant les guerres indiennes. Le cheval n’était pas le fidèle compagnon et confident du héros comme nous l’ont montré certains films. En fait, beaucoup de cow-boys ne possédaient même pas un cheval en propre. C’était l’employeur qui, au ranch ou sur la piste, fournissait les montures pour les vachers. Chaque cow-boy recevait ainsi de six à dix chevaux (suivant le travail) pour la durée de son contrat.

usa_idaho_ranch_cheval.jpgLe lasso, originellement fait de cuir ou de fibres tressées, le lasso est aujourd’hui fabriqué à base de matières synthétiques mais sa fonction n’a guère varié. Long d’une douzaine de mètres. Attaché à l’avant de la selle, il doit pouvoir être dégagé et lancé en un instant pour aller tournoyer au-dessus d’un animal fuyard. Il doit aussi pouvoir, comme le pommeau auquel le cowboy l’arrime résister à la tension créée par l’animal arrêté net en pleine course. Le lasso tire son nom de l’espagnol lazo (lien, noeud). Les cowboys le nomment encore "lariat" (en espagnol, "la reata" est le nom de la corde qui maintient ensemble plusieurs chevaux). De plus en plus, les cowboys des Etats-Unis et du Canada disent simplement rope (corde) qui vient de "Calf Roping".

selle.jpgLa selle, qui pesait entre quinze et vingt kilos était généralement la propriété personnelle du cow-boy et son bien le plus précieux. L’arçon était en bois gainé de cuir vert (rawhide) pour le consolider. L’ensemble était recouvert de cuir parfois décoré (cuir repoussé). Des rondelles de cuir ou de métal percées de deux fentes (conchas) servaient d’attaches pour les diverses lanières aux multiples usages. Comme son ancêtre, la selle américaine se caractérise par le troussequin et le pommeau. Le troussequin assure le confort et la stabilité. Le pommeau permet d’arrimer le lasso. Une bonne selle coûte, aujourd’hui encore, plusieurs mois du salaire d’un cowboy. Elle doit donc être résistante et pouvoir durer plusieurs dizaines d’années. Elle doit aussi être confortable, pour permettre un travail quotidien de dix à quinze heures. Elle doit enfin être bien asservie au cheval, pour que la force d’un bouvillon arrêté en pleine course par un lasso maintenu au pommeau ne projette pas le cavalier vers l’avant. La selle western n’a pratiquement plus subi d’évolution depuis la fin du XIXè siècle. Le cowboy doit pouvoir se tenir debout sur les étriers, aux moments les plus denses, ou s’assoupir au creux du siège, lorsque le troupeau avance sans rechigner.

usa_idaho_ranch_cheval_.jpgLes éperons, le cowboy d’autrefois se séparait rarement de ses éperons. Ils étaient pour lui l’un des instruments du pouvoir exercé sur le cheval et, en même temps, le symbole d’un métier dont il était fier, voire la preuve de son opulence, lorsqu’il pouvait s’offrir des éperons de parade en argent ciselé, ce privilège étant ordinairement réservé à quelques rares propriétaires. L’éperon colonial espagnol, tel qu’il est encore parfois utilisé au Mexique, comporte une impressionnante molette à pointes. Le cowboy lui préfère un éperon moins agressif, le "OK" ou, pour le travail du ranch, un éperon plus simple, porteur d’une modeste étoile aux pointes limées, afin de ne pas blesser le cheval. L’éperon colonial espagnol, tel qu’il est encore parfois utilisé au Mexique, comporte une impressionnante molette à pointes. Le cowboy lui préfère un éperon moins agressif, le «OK». Pour le travail du ranch, un éperon plus simple, porteur d’une modeste étoile aux pointes limées, afin de ne pas blesser le cheval. Lors des rodéos, les éperons sont plus inoffensifs encore, peut-être grâce à l’insistance des sociétés de protection des animaux. A noter que le choix des éperons peut revêtir une importance capitale, surtout lorsque cet objet constitue pratiquement le seul moyen de contact avec l’animal. Autrefois, le cowboy gardait les éperons aux pieds bien après avoir laissé son cheval à l’écurie et son arrivée dans un bar était facilement signalée par le tintement de la chaînette de dessus de pied.

cowboy de l'ouest.JPGLe chapeau, sert d’abord à se protéger du soleil. Plus le chapeau est haut et plus le crane est au frais, d’où les respectables dimensions des chapeaux mexicains ("pain-de-sucre") ou texans. Dans les plaines, le vent souffle fort et souvent un grand chapeau est très sensible au vent, d’où la forme plus plate du "Plainsman". Le chapeau doit encore être résistant et étanche pour se protéger de la pluie ou … transporter de l’eau. Un cowboy ne quitte (presque) jamais son chapeau. Il le porte à cheval, à pied, à table, au dancing et jusque dans sa chambre à coucher, où il ne le pose qu’après s’être entièrement déshabillé (jamais sur le lit, cela porte malheur). Une exception tout de même, le cowboy se découvre lorsqu’il franchit le seuil d’une église. Le plus connu et le plus classique des chapeaux western est certainement le Stetson mais il existe des dizaines d’autres manufactures de chapeaux.

XIXè siècle.jpgLes bottes, au début du XIXè siècle, les bottes du cowboy ne se différenciaient guère de celles d’un fermier de l’Est américain, avec talon plat et lacets. Ce n’est qu’à la fin des années 1850, avec le début des grandes pistes, que le besoin d’une botte particulière apparut. C’est alors qu’éclata la guerre civile. De très nombreux cowboys s’enrôlèrent dans l’armée et, à la fin des combats, beaucoup d’entre eux revinrent à leur activité de cowboy avec leur capote militaire et leurs bottes à talon plat. A l’usage, ces bottes pénétraient trop facilement dans les étriers et, surtout, elles ne permettaient pas à un cavalier, sauté à terre après avoir attrapé un veau au lasso, de s’arc-bouter en plantant les talons dans le sol pour le retenir. Peu à peu, le talon de la botte se rehaussa, la tige s’élargit, le bout s’aiguisa. La première botte cowboy était née. Un peu plus tard, pour faciliter l’entrée du pied, deux boucles en forme d’oreilles de mule apparurent au sommet de la tige, de part et d’autre. Dans les années 1880, la sobriété du cuir unique fit place à quelques fantaisies telles que des piqûres, des broderies ou même des perforations en forme d’étoiles décorant la tige.

images.jpgLe jean, pour le travail du ranch comme pour les exploits du rodéo, le pantalon ne saurait être qu’un jean, d’un bleu généralement délavé. Ce n’est pas par hasard. Le "Lévis", abondamment copié par des dizaines d’autres marques, a été conçu pour l’usage du cowboy. Sa toile est si solide que le pantalon tient quasiment debout tout seul, ce qui permet de se passer d’une ceinture, objet d’apparat plus que de travail, qui risquerait de blesser les chairs lors d’efforts brusques. La couleur bleue est assez fade pour que la poussière ne laisse pas de traces et les rivets de cuivre placés aux points de plus grande tension font du jean un vêtement à toute épreuve.

chape.jpgLes chaps, le cowboy prend soin de renforcer la protection de ses jambes (aussi résistant soit-il, le pantalon ne serait rien sans les «chaps»). "Chap" vient du mot espagnol "chapparero". Les premiers chaps ressemblaient aux deux canons de cuir d’un pantalon qui n’aurait pas recouvert les fesses ("shotgun"). Aujourd’hui, les chaps évoquent plus les deux ailes d’un tablier ouvert sur le devant et seulement maintenu aux cuisses par un rabat sanglé ("batwing"). En hiver, dans le froid du nord, les chaps sont souvent faits de chaudes et épaisses peaux de mouton ("woollies"). Le but reste le même afin d'éviter aux jambes la griffure des arbustes, la brûlure d’un lasso trop vite dévidé et les morsures des redoutables hivers.

chemise.jpgLa chemise, dans les premiers ranches et sur les premières pistes, la chemise du cowboy ne s’achetait pas au magasin. On la fabriquait au ranch. Elle était de couleur grise ou bleue pour permettre une plus longue utilisation sans lavage, ne comportait pas de col et s’enfilait par-dessus la tête pour être ensuite fermée sur la poitrine par deux ou trois boutons. Les manches étant généralement trop longues, le cowboy se munissait d’élastiques passés autour du bras pour empêcher les poignets de lui tomber trop avant sur les mains. Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle qu’apparurent les premières chemises de soie brodée.

 bandanas.jpgLe foulard, (bandana) était noué autour du cou. Il servait à garantir la nuque du soleil, et, remonté sur le nez, à protéger de la poussière. Généralement en coton, parfois en soie, la bandana était de couleur vive, rouge surtout.

(slicker).jpgL’imperméable, en toile cirée jaune (slicker) descendait jusqu’aux chevilles, protégeant à la fois selle et cavalier. Il était en permanence attaché à la selle à la saison des pluies.

La grande époque du cow-boy ne dura finalement qu’une vingtaine d’années, de la fin de la Guerre de Sécession (1865) au terrible hiver qui décima les troupeaux (1885-1886). En 1874, une invention apparait, le "fil de fer barbelé" (barbed wires ou bramble wires), qui sonna le glas d’une certaine liberté. Dans le sud-ouest américain, les clôtures en barbelé amenèrent des querelles et des conflits de voisinage entre les éleveurs la range war (guerre des frontières). Certains ranchs laissaient paître leur bétail sans limite territoriale alors que des fermiers disposaient d'une zone délimitée par des clôtures. Il arrivait que des propriétaires coupent les fils barbelés pour laisser passer les animaux ce qui déclencha la "Fence Cutter Wars" (la guerre des coupeurs de clôtures) où plusieurs personnes trouvèrent la mort. Finalement, la justice mit en place un système d'amendes et de peines pour tous ceux qui coupaient des fils dans une clôture. En moins de 25 ans, la quasi-totalité des ranchs avait été clôturée afin de délimiter clairement les possessions. Les ranchers se mirent à délaisser les traditionnels "longhorns" au profit de races européennes, nouvelles et plus productives (Angus, Hereford), et ensemencèrent leurs domaines de fourrages nouveaux. L’effet cumulé de ces races plus productives, de ce fourrage plus abondant et d’étés successifs particulièrement propices entraîna une première chute du prix de la viande.

texaschili.jpgLa cuisine américaine, un héritage dont certains plats sont devenus des classiques. Les immigrés Américains, comme les Amérindiens du siècle dernier, pourchassaient les grands troupeaux de bisons des Prairies dont les différentes parties étaient cuisinées comme celles du boeuf. Il n'en demeure pas moins  que le bison d'élevage joue encore un rôle dans la cuisine du terroir des Etats-Unis. Les cuistots ont découvert assez rapidement que la moelle trouvée dans les os de bison constituait un excellent substitut pour des ingrédients de base qui manquaient largement (comme le beurre). De nos jours, les os sont marqués au gril chaud, fendus et servis immédiatement avec des tranches de pain de campagne et du ketchup. Faible en gras, d'une grande douceur, la moelle est un délice. La langue de bison, la partie la plus nourrissante de l'animal, était très importante pour les Amérindiens, surtout en période de sécheresse car la langue enflait et prenait plus de saveur. Cuite, coupée en fines juliennes, elle est servie froide avec des crêpes de riz sauvage et du ketchup. Les Amérindiens.jpgLes Amérindiens avaient l'habitude de boucaner ou de fumer la viande et le poisson pour pouvoir la transporter durant leurs migrations et comme approvisionnement. Boucané à la casserole, le saumon, en saison est servi sur un lit de feuilles d'épinards, garni de noix, de raisin, de graines de tournesol, de fruits séché, le tout arrosé d'huile de tournesol. Selon les connaisseurs de cette cuisine, rien ne surpasse ces petites pépites de joie. Surnommées 'Huitre des Montagnes Rocheuses" ou, tout simplement "Friture de veau", les testicules de jeune taureau castré sont sautées dans la poêle avec des fines herbes et servies avec une gousse d'ail des bois marinée. C'est un plat saisonnier que l'on trouve habituellement au printemps durant la période du marquage des bêtes. Ce potage traduit bien la culture et l'élevage. Longuement mijotée avec des os de boeuf encore charnus, la soupe est faite à partir d'orge relevé d'oignons, de carottes ou autres produits du potager. Le barbecue représente une cuisson lente contrairement à la cuisson sur le gril qui emprisonne les saveurs rapidement à haute température.

Le chili con carne (Chili à la viande et aux piments) n'est absolument pas Mexicain, mais bien Texan. Un chili con carne à la "texane" ne contient aucun autre légume que les gousses de chili (si possible entières, fraiches ou séchées). -Chili_ingredients.jpgLa viande (du bœuf, du porc ou parfois du gibier) est la plupart du temps coupée en cubes. Le Jailhouse chili, cuisiné d'après les anciennes recettes des prisons texanes, est également rattaché à cette catégorie.

Pour le Chili. Fromage râpé, oignons frais coupés en rondelles fines avec des pommes de terre cuites au four en papillotes (Sauce piquante, Tabasco) et un vin rouge de Californie (Cabernet Sauvignon).

Pour quatre personnes: 1 kg de paleron, (morceau de boeuf, près de l'omoplate, viande plus moelleuse après une longue cuisson). 1kg d'oignon frais, 1 boite de 500 gr de haricots rouges sec = (1 kg après trempage), 3 piments Chili (des forts), 1 petite boite de maïs, 2 boites de tomates pelées, clous de Girofle, huile d'olive, blanc sec.

Préparation. Faire tremper les haricots pendants au moins une nuit. Jeter l'eau de trempage et rincer 3 fois minimum les haricots - Faire cuire les haricots (avec un gros oignon piqué de 2 clous de girofles) jusqu'à ce qu'ils aient la consistance des châtaignes cuites (ils ne doivent surtout pas éclater car ils cuiront 2 bonnes heures par la suite). Une fois cuit, mettez-les de côté - Faire revenir les piments dans de l'huile d'olive. Il faut que les piments soient presque cramés (Jetez les piments, seule l'huile nous intéresse) -  Faite revenir la viande à feu très vif dans cette huile - Faites ensuite revenir les oignons dans cette même huile (il faut qu'ils soient bien dorés). Vous pouvez jeter un petit coup de blanc sec, de temps en temps -  Quand vos oignons ont fini de cuire dans la sauce de la viande, qui a cuit dans l'huile des piments. Vous mettez dedans le contenu de 2 boites de tomates pelées. Si vous aimez la tomate, vous pouvez sans crainte ajouter 1 boite de concentré. Laissez réduire. Vous pouvez mouiller de temps en temps avec le même blanc sec. Vous salez à votre gout. Vous ajouter la viande et les haricots (la viande est seulement revenue et non cuite). Vous laissez mijotez assez longtemps (2 h minimum, en principe). Quand vous sentez que c'est presque cuit, ajouter une petite boite de maïs. Laissez cuire encore 10 minutes.

manifestdestinylarge.jpg

L’origine de la fondation des États-Unis découle d’une vision idéaliste et religieuse. La découverte du "Nouveau Monde" devait permettre la construction d’un état idyllique, en opposition aux nations décadentes d’Europe. Cette conception justifia alors l’idée que les États-Unis (1845) étaient dotés d’une "Destinée manifeste", et qu’une mission civilisatrice leur avait été dévolue par Dieu, afin de répandre leur modèle sur l’ensemble du monde. A partir de la fin du XIXe siècle, les États-Unis, une fois leurs frontières continentales fixées, cherchèrent à exporter leurs valeurs marchandes (coca-cola, Hollywood Chewing Gum, Fast-food, Hamburger, Pop-corn, etc.) et culturelles (Nike, Levi Strass, Gap, Abercrombie, Calvin Klein, etc.) dans le reste du monde. Les immigrés ont inventer une culture hybride et métissée déjà visible dans la langue (Spanglish), la cuisine Tex-Mex, etc. La culture américaine évolue et se diffuse également sous l'effet des nouvelles technologies, en particulier de l'internet. La culture américaine est le fruit des influences européennes et imposée par le "solft power" (puissance douce, pouvoir de convaincre). Plus de cinq siècles après la découverte du nouveau monde, la question se pose toujours "A qui appartient l'Amérique". Et la réponse pourrait être "A ceux qui la rêvent". Un des traits les plus représentatifs du western hollywoodien et post hollywoodien, c'est sa dimension nostalgique au cœur même de la fiction américaine preuve parmi tant d'autres de l'enracinement de ce cinéma dans l'imaginaire des États-Unis, celles d'une région imaginée avant d'être conquise, entrée dans la légende avant même que son histoire n'imprègne la mémoire collective. (Le Pony Express, Buffalo Bill, les indiens Navajo, la ruée vers l'or, John Wayne, Monument Valley, Las Vegas, les Mormons, la route 66, etc.). Chaque époque emprunte et réactualise certains mythes ou en crée de nouveaux. Le héros peut être un personnage fictif ou réel qui a marqué la tradition, l’histoire, la vie quotidienne, et la culture populaire et la contre-culture ne cessent de produire leurs propres héros (folklore, bandes dessinées, etc.). Désireux de réformer le monde, les Etats-Unis récompensent leurs partenaires ou punissent les parias. Ils lancent des croisades en faveur de la démocratie et font grand usage du droit international, notamment en matière d'embargos. Les États-Unis d’Amérique sont ainsi considérés comme "bien absolu et justice pure", et par conséquent, rien de ce que fait l’Amérique dans le reste du monde ne peut être objectivement mauvais pour le reste du monde. La démesure des Etats-Unis d'Amérique est la prétention des hommes politique à être des dieux, et d’affirmer à propos de quoi que ce soit que l'Amérique est "prédestinée" (cela reviendrait à fixer des bornes à la puissance de Dieu). Voilà pourquoi il n'y a pas de nouvelle Jérusalem (Etats-Unis), ni nulle part ailleurs. Que la terre promise soit tout simplement notre demeure ici-bas (notre monde), et que le seul peuple élu de Dieu soit l’humanité entière.

 

L’Amérique n’a jamais cessé de se croire une exception.

 

 

dictature_imperialisme_usa.png"Si les ricains n’étaient pas là, on serait tous en Germany" (Pas si sûr), les Etats-Unis ont fait la guerre pour que l’Europe ne soit ni soviétique ni allemande et non pas pour défendre la liberté des Européens. Les naïfs croient et les médias répètent continuellement que les Etats-Unis sont venus libérer les Européens en 1944, de la même façon que Lafayette avait défendu l’indépendance des Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Tout cela est aussi faux que la propagande médiatique américaine du plan Marshall qui a été élaboré, selon les dires mêmes de certains historiens. "Non pas pour aider généreusement les Européens dans leurs efforts de reconstruction, mais tout simplement pour éviter que l’Europe devienne communiste et soviétique". Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Européens. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse (les soviets). Les Américains qui sont morts en libérant les pays sont morts pour les Etats-Unis. De même que tous les Français qui sont morts sur un champ de bataille, y compris pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, sont morts pour la France et le roi qui la personnifiait. La France de Louis XVI a aidé les Etats-Unis dans leur guerre d’indépendance non pas pour défendre leur liberté, mais par simple désir politique de revanche du calamiteux traité de Paris de 1763, afin de mieux contrer la puissance britannique. Les Etats-Unis ont surtout façonné les mentalités de la majorité des peuples de ce monde qui leur fournit l’excuse, l’alibi, la permission, l’autorisation, et votre soumission.

 

 

 

 

 

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